l’essentiel
Le peintre aveyronnais offre une escapade picturale dans la grange de Nasbinals, jusqu’au 17 août.

Chemins. Tel était le titre de son ouvrage paru en 2023 dans lequel Guy Sounillac proposait un florilège de ses toiles composées avec la plume de la poète Anne-Marie Bernad. Trois ans plus tard, les chemins ont beau être au pluriel, il demeure le même pour le peintre qui aime délaisser son antre de Cougousse pour le plateau de l’Aubrac. Ce chemin est celui de la lumière et des grands espaces. Un chemin qui l’amène à exposer à la grange Labouré de Nasbinals jusqu’au 17 août. « C’est cette grange qui m’a séduit. Son lieu au cœur du village qui sert aussi pour Phot’Aubrac », confie Guy Sounillac qui propose un échantillon de quarante toiles issues de son vagabondage autour de Nasbinals. On y retrouve son style, son usage du pointillisme pour donner du relief, de la profondeur à la lumière.

Cette quête nécessaire de la lumière qui donne la vie, l’embellit, comme on pourrait reprendre à son compte « Les ombres et les rayons » de Victor Hugo dont cet extrait : « Les fleuves à travers les rochers et les herbes, vont sans se détourner de leurs chemins superbes ! » Il y aurait tant à décrire des paysages immortalisés par Guy Sounillac. Le mieux est de se rendre à cette grange qui, à elle seule, vaut le voyage. Et d’actualité avec l’odyssée, celle de Joachim du Bellay, heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage. « Je suis arrivé au bout du chemin », dit Guy Sounillac, du haut de ses 85 ans dont près de 70 ans à peindre l’évolution économique de Rodez en tant qu’artisan-peintre et dépeindre sa vie intérieure dans ses tableaux sur l’Aubrac. Des toiles carrées et la rondeur de son pointillisme pour casser les lignes. Comme ses ronds dessinés sur les « i » au lieu de points quand il écrit. Ce n’est pas l’heure du point final. En témoigne cette exposition. « Je peins des formats de plus en plus grand pour donner de l’ampleur, de l’espace. » Aux grands espaces de l’Aubrac qu’il continue d’arpenter et de découvrir tant les chemins, on y revient, sont nombreux.

Partager la beauté

Continuer à voir plus grand, plus beau encore. La lucidité n’empêche pas de rêver. Faire rêver et susciter l’imagination, partager la beauté. « Ma motivation est de voir mon travail circuler et vivre. Je veux que ça respire. » Heureux qui, comme Guy, invite à respirer un autre bout de chemin.

Exposition à voir jusqu’au 17 août de 14 heures à 18 h 30 dans la grange de Labouré, à Nasbinals.