Jean Imbert n’est pas ressorti libre de sa garde à vue, selon BFMTV. La garde à vue du chef cuisinier accusé de violences conjugales par au moins trois de ses ex-compagnes a pris fin en début de soirée mardi. Il a ensuite dû passer la nuit au dépôt du tribunal judiciaire de Paris, où il a été transféré depuis le commissariat du 16e arrondissement de la capitale, d’après les informations de la chaîne télévisée.
L’ancien gagnant de Top Chef, soupçonné de « violences par conjoint » et visé par au moins trois plaintes déposées par d’anciennes compagnes, avait été placé en garde à vue lundi et celle-ci avait été prolongée de 24 heures. Au total, le chef cuisinier a passé près de 36 heures en garde à vue d’après BFMTV.
Témoignages de plusieurs ex-compagnes
L’une des plaintes a été déposée il y a un an par l’ancienne comédienne Lila Salet, et une autre par l’ancienne Miss France Alexandra Rosenfeld. Lundi, le chef de 45 ans « s’est rendu à son audition avec de nombreux documents, pièces, autant d’éléments matériels solides qui étayent sa version des faits. Il répond à toutes les questions des enquêteurs », ont précisé ses avocates, Me Jacqueline Laffont et Julie Benedetti. Le cuisinier qui s’est élevé jusqu’aux fourneaux du Plaza Athénée à Paris et du Martinez de Cannes, où il a remporté une étoile Michelin, a fait l’objet de plusieurs témoignages d’ex-compagnes, dénonçant des violences conjugales. Il les conteste.
Une enquête a été ouverte au parquet de Paris pour violences par conjoint ou concubin, et confiée au commissariat du 16e arrondissement, avait indiqué au printemps le ministère public à l’AFP, se refusant alors à communiquer « le nombre et l’identité » des plaignantes, « tant pour le respect de leur intimité que pour préserver les chances de prospérer de l’enquête ».
Gifles récurrentes et séquestration
Dans sa plainte pour violences sur conjoint et séquestration, Lila Salet, 35 ans, cite des faits remontant à 2012-2013. A l’époque, les avocates de Jean Imbert évoquaient des « faits prescrits (pour lesquels) aucune enquête ne devrait pouvoir être ouverte ». Lila Salet faisait état de gifles récurrentes, « toujours dans un cadre intime, donc sans témoins ». Elle dénonce une « emprise » : « Tous les matins, je devais me lever en même temps que lui et je devais l’écouter parler de lui dans sa baignoire […]. Il ne supportait pas que j’aille seule ailleurs », décrit-elle.
Lila Salet dénonce aussi une séquestration « pendant plusieurs heures » dans un hôtel, lors d’un week-end du couple à Florence, à cause d’un SMS qu’elle aurait reçu d’un ami. « Il m’a frappé plusieurs fois au visage et versé du champagne dans les yeux […]. Il n’a plus voulu que je sorte de ma chambre d’hôtel ». Les avocates du cuisinier avaient réfuté toute « séquestration » pendant ce week-end italien. Elles mettaient en avant des publications de Lila Salet sur les réseaux sociaux qui « contredisent objectivement le récit proposé douze ans et demi plus tard par la plaignante ». Lila Salet, elle, affirme que la séquestration a eu lieu après la publication de ces messages sur Instagram.
Coup de tête et fracture du nez
A la fin de leur relation, en 2013, Lila Salet avait déposé plainte, avant de la retirer. Une publication sur Instagram de l’ancienne Miss France Alexandra Rosenfeld l’avait décidée à retourner voir les policiers. Cette dernière a indiqué en mars à Complément d’Enquête avoir déposé plainte à son tour, pour des violences survenues au cours de leur relation entre 2012 et 2014.
Alexandra Rosenfeld, 39 ans, a accusé notamment Jean Imbert de lui avoir fracturé le nez lors du tournage d’une émission de cuisine qu’ils présentaient, « Recettes de fous » sur M6, avec une radiographie à l’appui. Selon elle, Jean Imbert lui aurait asséné un coup de tête, après qu’elle a reçu un message de son ex-mari à propos de la garde de leur fille. « Il ne supporte pas que j’aie eu une vie avant. (Pour lui), je fais la pute parce que je parle à mon ex-mari », avait-elle déclaré à Complément d’Enquête.
Jean Imbert avait précédemment dit regretter « profondément les conséquences pour » l’ancienne Miss France, décrivant une relation « insoutenable, marquée par les insultes et les crises ». Ses avocates avaient évoqué des violences réciproques entre eux. Mi-avril, la direction du Plaza Athénée avait acté le retrait de Jean Imbert de ses fonctions managériales et exécutives dans son restaurant, tout en confirmant la poursuite de sa collaboration comme « directeur artistique » jusqu’à l’échéance de son contrat en juin.