Par

Antoine Grotteria

Publié le

4 août 2026 à 18h06

« On ne sent rien au début, mais après c’est un calvaire » Le mercredi 29 juillet 2026, Gabriela Bravo avait prévu de dérouler une journée classique à l’UGC Ciné Cité Les Halles, dans le 1er arrondissement. C’est son métier. Journaliste pour le média Culturizarte, cette Chilienne expatriée à Paris depuis dix-sept ans, a pourtant connu une mésaventure dans le cinéma le plus fréquenté du monde.
La quadragénaire a été piquée à plusieurs reprises aux bras et aux jambes par des punaises de lit dans les salles 4 et 30 du cinéma, alors qu’elle visionnait les films Le Triangle d’Or et De la Comédie. Des symptômes aux conséquences dans sa vie quotidienne, elle témoigne pour actu Paris. Une manière pour elle de « sonner l’alarme » sur la présence de ces nuisibles.

Une publication virale sur les réseaux

Deux jours après les faits, la journaliste a relaté ses déboires sur les réseaux sociaux. Sa publication sur X, accompagnée des piqûres, a rapidement suscité de nombreux commentaires. « Je ne m’attendais pas à ces retombées. Mais c’était pour moi nécessaire de partager l’information. C’est une déformation professionnelle. C’est scandaleux », explique-t-elle.

Car rien n’augurait d’un tel incident. Gabriela Bravo, en journaliste spécialisé dans le septième art, se rend « deux à trois par semaine » à l’UGC des Halles et sa programmation éclectique. Jusqu’à ce 29 juillet, elle se souvient avoir été piquée à une seule reprise par des punaises dans un cinéma parisien. Mais les faits remontent à plusieurs années.

En sortant du cinéma, la Chilienne ne ressent donc aucune gêne. Mais les choses empirent. Le lendemain, le réveil est douloureux.

« Je me suis levé avec des grosses plaques rouge au bras droit, au bras gauche et à la jambe gauche. Cela me démangeait de plus en plus fort »

Gabriela Bravo
Journaliste, piquée par des punaises de lit à l’UGC Les Halles

La nuit suivante, les symptômes se développent. « Je ressentais de vives brûlures. J’ai développé une réaction allergique. Je dormais très mal ».

« J’ai passé une journée à faire le ménage »

Gabriela Bravo utilise alors un antiallergique et applique de la glace. En revanche, pas de rendez-vous médical. « Je savais exactement que c’était des piqûres de punaises de lit » », assure-t-elle. La gêne corporelle se mêle à un mélange « d’angoisse et de peur » dans son appartement, qu’elle partage avec son époux.

« J’ai passé une journée à faire le ménage. Il faut aspirer le matelas, la couette et le canapé. Mon mari avait tellement peur qu’il a mis du scotch au pied du lit », confesse-t-elle. Rien n’indique que le foyer est infesté. Mais la psychose s’installe. Le 1er août, Gabriela Bravo reçoit un appel de l’UGC les Halles. « Ils m’ont dit qu’ils avaient traité le problème, avec notamment des chiens renifleurs. Mais il y a des personnes qui disent avoir vécu la même chose après », raconte-t-elle.

Sollicité par actu Paris, le groupe UGC rappelle que « (l’entreprise) met toute son énergie et investit chaque année 400 000 euros par an pour gérer et traiter en temps réel les punaises de lit ». UGC a même dégainé un communiqué évoquant la mise en place de « procédures d’urgence », matérialisées « par une « détection canine » à chaque signalement et « un traitement complet à la vapeur sèche à 180°C » en cas de détection avérée.

Plusieurs cinémas parisiens touchés

Mais ces interventions peinent à chasser les nuisibles. De quoi agacer les salariés de l’UGC Les Halles, qui se sont mis en grève à plusieurs reprises ces derniers mois pour réclamer une indemnisation liée à la présence de punaises et de meilleurs salaires. Le problème se révèle structurel et touche plusieurs cinémas. En novembre 2025, la Cinémathèque a décidé de fermer ses salles durant plusieurs semaines après des signalements.

En surreprésentation dans les lieux fermés accueillant du public, les insectes ont également élu domicile dans les appartements et les maisons. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), 1 foyer sur 10 a été infesté en 2023. Les punaises ne sont pas porteuses de maladie, indique le ministère de la Santé. Les piqûres disparaissent automatiquement au bout d’une dizaine de jours.

De son côté, Gabriela Bravo affirme qu’elle ne retournera pas à l’UGC Les Halles avant « l’automne prochain », quand le climat sera plus propice à mettre des vêtements recouvrant les bras et les jambes.

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