Par

Jean-Marc Aubert

Publié le

5 août 2026 à 16h33

« J’ai décidé de venir dormir ici pour être en sécurité mais également pour attirer l’attention du maire de la ville sur la situation invivable » témoigne ce mardi 3 août 2026 à Métropolitain, Tourane Niasse, ce SDF sans papiers de nationalité sénégalaise, violemment passé à tabac et blessés par une douzaine de jeunes en fuite, dans la nuit de vendredi 31 juillet à samedi 1er août, avec son frère cadet, Mouhamed, alors qu’ils étaient allongés sur un banc sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle, à Montpellier.

Cliquez ici pour visualiser le contenu

Le plus jeune est toujours hospitalisé au CHU. L’aîné qui a pu quitter les urgences de Lapeyronie quelques heures plus tard, samedi, a posé son sac de couchage ce lundi 2 août à la tombée de la nuit devant les grilles accédant à l’Hôtel de Ville, sur le parvis Georges Frêche, dans le quartier de Port Marianne.

Visite de policiers nationaux

« J’ai assez bien dormi, pour cette première fois devant la mairie, mais j’ai quand même souvent ouvert l’oeil. J’ai alors vu un couple, surpris de ma présence, qui est venu me parler. J’ai expliqué les raisons de ma présence à cet endroit, comme je l’ai fait en milieu de nuit, vers 3h, à des policiers nationaux en patrouille. Ils ont noté ce que je leur ai dit sur mon agression, les informant de ma plainte contre X déposée lundi et de l’ouverture d’une enquête au commissariat central. Ils m’ont dit bon courage avant de partir en patrouille », raconte Tourane.

Un café chaud offert

Celui qui se retrouve à la rue avec son frère ajoute que, « vers 7h, des agents de sécurité de la mairie m’ont offert un café chaud, un beau geste qui m’a réconforté ». 

Vidéos : en ce moment sur Actu

Tourane annonce qu’il reviendra dormir devant l’Hôtel de Ville, ce mardi soir : « Je me sens vraiment en sécurité ici et je ne gêne vraiment personne ». Objectif des deux frères migrants, « au casier judiciaire vierge » tiennent-ils à préciser : être reçus par le maire et président de la Métropole de Montpellier dans l’espoir d’obtenir un hébergement provisoire destiné à les sortir de la rue. Pour l’heure, il ne pense pas à entamer une grève de la faim.

Position ferme

La mairie reste ferme sur sa position dans cette affaire, même si un membre du cabinet du maire garde le contact avec les deux SDF : d’abord, le cas des sans-papiers est du ressort de l’État, donc de la préfète de l’Hérault. Ensuite, idem : c’est l’État qui doit proposer un hébergement. Tourane Niasse ne décolère pas : « Comment allons faire, quand mon frère va sortir de l’hôpital ? ».

Le centre d’accueil Coallia fermé

Selon lui, le 115, le numéro du Samu social ne répond pas, mais, nous avons pu savoir qu’il n’y a plus aucune place disponible. D’autant que le centre d’accueil Coallia a fermé ses portes dans la plus grande discrétion, faute du renouvellement du financement de l’État par la DDETS (Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités) de la Préfecture. C’est du coup 45 places en moins cet été…

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.