l’essentiel
Un des tunneliers de la 3e ligne de métro va bientôt finir sa course au puits Saint-Sauveur. Pour les trois autres machines, la moitié du parcours reste encore à creuser. Tisséo espère toujours rattraper le retard pris en vue d’une mise en service fin 2028.

C’est le quart d’heure toulousain pour Marie-Thérèse de Villeuneuve-Arifat. Parti de la station Raisin en septembre 2024, passé par Bonnefoy où il a fait quelques dégâts, puis par Matabiau et François-Verdier, ce tunnelier de la ligne C, ainsi baptisé, se fait un peu attendre. Il devait atteindre son objectif, le puits de secours Saint-Sauveur, près du canal du Midi, fin juillet. Ce n’est qu’entre le 7 et le 15 août qu’il pointera son nez. 

En cause, selon Tisséo : la canicule qui « a affecté les opérations logistiques de surface indispensables à l’alimentation du chantier » mais aussi « des poches sableuses » qui ont ralenti la cadence. Mais le but n’est plus très loin. Surtout, ce délai n’impactera pas le planning de la ligne C, toujours officiellement attendue pour fin 2028.

Après Marguerite de Catellan (groupement Bouygues), qui a creusé ses 4,2 km entre Montandran et le puits Saint-Sauveur, Marie-Thérèse (groupement Demathieu Bard et Implénia) sera le deuxième des cinq tunneliers qui aura fini sa tâche.

Objectif : début 2027

À ce jour, sur les 22 km souterrains des 27 km de la ligne C qui va de Colomiers à Labège, 65 % du tunnel est creusé. L’infrastructure est même réalisée à 70 % avec les 5 km du viaduc aérien entre Montaudran et Labège. Dans certaines stations, comme l’Ormeau, Bonnefoy et Limayrac, l’aménagement intérieur a commencé. « Nous sommes à un tournant du chantier », a souligné Jean-Michel Lattes, le patron de l’autorité organisatrice des transports en commun, en juin.

Mais le plus grand chantier de l’histoire de Toulouse reste sous la menace d’un retard. Les trois tunneliers du nord et de l’ouest, du Raisin à Colomiers, pilotés par le groupement Eiffage-NGE, dont deux venus du Grand Paris qui ont été reconditionnés, ne sont pas à l’heure. Tisséo l’a reconnu en octobre dernier après l’intervention d’élus de l’opposition à la Métropole. Le sujet est revenu sur la table cet hiver lors de la campagne des municipales.

Le problème concernait les tapis roulants qui ne charriaient pas assez vite la terre évacuée par les tunneliers. Eiffage l’a admis, évoquant en octobre 2025, « un planning sous tension ». Depuis mars 2026, cette difficulté a été corrigée et le chantier fonctionne 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. 

Tisséo travaille toujours au rééchelonnement des différentes tâches de l’immense chantier et compte bien ainsi rattraper le temps perdu. Pour autant, tant que ce travail n’est pas achevé, le syndicat des transports ne peut le garantir.

Aujourd’hui, le tunnelier des Ponts-Jumeaux a dépassé la station Blagnac et avance vers le puits Laporte de l’aéroport, soit encore 2 km. Un autre tunnelier a creusé de La Vache aux Ponts-Jumeaux. Ramené au point de départ, il file vers le Raisin avec 2 km également à parcourir. Enfin, celui de Colomiers, qui a franchi la Fontaine-Lumineuse, est le moins avancé avec un peu plus de 2 km encore au programme. Ces deux dernières machines devraient finir leur course en février ou mars 2027.

Pour Eiffage, l’heure des indemnités

Les retards pris par le groupement Eiffage-NGE sur les lot 1 et 2 de la ligne C du métro de Toulouse (soit entre Colomiers et la future station Raisin) risquent de coûter cher aux entreprises. Les contrats passés avec Tisséo Ingénierie pour le creusement du tunnel et des stations prévoient, comme toujours en pareil cas, des pénalités salées. Plusieurs dizaines de millions d’€ seraient ainsi en jeu. La somme exacte étant soumise à un accord de confidentialité. Certaines pénalités ont commencé à être notifiées au groupement d’entreprises qui a corrigé le tir en accélérant la cadence des tunneliers à partir de mars dernier. Trois tunneliers sont concernés pour 12,4 km à creuser dans le sous-sol toulousain. Aujourd’hui, la moitié du parcours a été creusée par ces machines.