Par
Jean-Marc Aubert
Publié le
5 août 2026 à 18h22
Une nouvelle fois, en l’espace d’une dizaine de jours, le centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone, au sud de Montpellier, défraie la chronique des faits-divers. Avec des réactions des syndicats qui réclament des mesures urgentes.
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Blessé à une main
Ce mardi 4 août 2026, vers 10h30, les personnels ont été confrontés à des scènes de tension et de violences. Un premier incident est survenu lorsqu’un détenu s’est montré particulièrement agressif envers un personnel du secteur privé à la suite d’un différend lié à la distribution des cantines. L’agent du quartier arrivant – il abrite les détenus qui viennent d’être incarcérés – est intervenu immédiatement pour tenter d’apaiser la situation, mais a été pris à partie. Le détenu lui a porté un coup à une main, avant de lui cracher dessus. Une mise en prévention a été nécessaire afin de mettre un terme à cette agression.
Deux surveillants blessés
Quelques minutes plus tard, une violente bagarre a éclaté entre trois détenus dans les escaliers, à la sortie des parloirs. L’un des deux surveillants affectés aux parloirs est immédiatement intervenu afin de protéger les personnes présentes et de mettre fin aux violences. Malgré son professionnalisme et son sang-froid, il a été blessé lors de la maîtrise de l’un des agresseurs. En plaquant le détenu au sol, il a violemment heurté sa tête contre le sol. Marqué physiquement et psychologiquement, il a été pris en charge par les sapeurs-pompiers du Sdis 34, avant d’être évacué aux urgences de l’hôpital Lapeyronie. Le second surveillant des parloirs, arrivé en renfort quelques instants plus tard, a lui aussi été blessé et présente des lésions au niveau du visage. Il a reçu des soins à l’infirmerie.
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L’Ufap Unsa Justice et FO Justice confirment ces informations. Pour l’Ufap Unsa, « ces deux agressions rapprochées illustrent une réalité devenue insupportable : les personnels sont envoyés quotidiennement en première ligne, dans des conditions de travail toujours plus dégradées, avec des effectifs insuffisants et une violence qui ne cesse de s’intensifier alors que la surpopulation carcérale explose ».
« Un bricolage permanent »
Selon ce syndicat, « le bricolage permanent, les réorganisations de dernière minute et le rafistolage des effectifs ne peuvent plus tenir lieu de politique de sécurité avec 1 073 détenus pour 587 places théoriques et 178 matelas aux sols. À force de demander toujours plus avec toujours moins, l’administration prend le risque qu’un jour, l’irréparable se produise ».
De son côté, FO Justice indique que, « le premier détenu impliqué dans ces faits présente un profil psychiatrique inquiétant. Il a fini au quartier disciplinaire, en cellule de protection d’urgence » et dénonce cette situation récurrente : « En plus de la violence quotidienne, les agents doivent faire face à une invasion de rats qui pullulent dans les cours de promenade, passant entre les pieds des agents en guérite et agonisent sur place suite aux traitements. subis. Une honte sanitaire intolérable qui s’ajoute à des conditions de travail déjà indignes ».
Transferts et sanctions pénales fermes
Le bureau local FO Justice exige « le transfert immédiat et des sanctions pénales fermes à l’encontre des auteurs d’agressions, des mesures d’urgence pour désengorger la prison et une orientation adaptée pour les profils psychiatriques lourdement instables ». L’été reste très chaud dans ce centre pénitentiaire.
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