Par
Julia Gualtieri
Publié le
5 août 2026 à 19h00
Vous les croisez peut-être lors de vos balades dans la forêt régionale de Ferrières en Seine-et-Marne. Mais savez-vous réellement ce que font les gardes de la brigade équestre d’Île-de-France Nature au quotidien ? Nous avons rencontré une partie de l’équipe.
Alors que Franck et Caroline reviennent de patrouille ce mardi 28 juillet 2026, Margaux et Mariétou s’apprêtent à partir. Depuis les locaux d’Île-de-France nature, à Ferrières-en-Brie, elles enfourchent Banjo et Cliver, deux anciens de la brigade. Direction : l’allée des Lions, bordée de séquoias géants, le circuit piéton de la Taffarette puis le parc de Lamirault, zone de tranquillité fermée au public où gambadent les cerfs Sika introduits par la famille de Rothschild. « La clôture n’est pas hermétique pour laisser passer les animaux, on vérifie qu’il n’y ait pas de promeneurs ou de chiens », expliquent les deux gardes.
Sensibiliser le public des forêts
Une patrouille qui illustre bien les missions de cette brigade, créée en 1999 : veiller sur les forêts et pour cela, sensibiliser le public aux enjeux et aux règles à respecter. En ce moment, elles rappellent l’interdiction de fumer, de circuler à motocross, mais aussi l’obligation de tenir les chiens en laisse et expliquent tout ce qu’elles savent sur la forêt et sa gestion. « Les gens sont souvent attirés par les chevaux, ils demandent à pouvoir les caresser et on discute », explique Mariétou et margaux aux côtés d’Elsa et de Cécile Edon, la responsable de la brigade.
Très vite, la conversation s’engage. « Les gens sont de plus en plus sensibles à l’environnement, ils nous interrogent. Parfois aussi ils sont perdus ou ils veulent savoir ce qui est autorisé », racontent les gardes équestres qui, à force, connaissent les habitudes de chacun, vététistes, promeneurs de chiens ou marcheurs nordiques. « Ça arrive aussi qu’on nous signale des chiens qui divaguent ou des animaux disparus. Une fois on a retrouvé une chienne qui était perdue depuis trois ans, se souvient Mariétou. Son propriétaire était très sceptique quand on l’a appelé et les voir se retrouver c’était très émouvant. »
Des yeux dans la forêt
« On accueille, on informe, on sensibilise, on est très souvent en contact avec le public », poursuit Cécile, qui a été garde équestre pendant onze ans dans le parc de la Poudrerie en Seine-Saint-Denis avant d’arriver dans cette brigade, il y a un an et demi.
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Mais l’activité consiste aussi à surveiller et à repérer des situations problématiques et faire des signalements. Il est d’ailleurs fréquent que les gardes soient directement appelées par les promeneurs. « Les habitués nous connaissent bien. Beaucoup de gens ont notre numéro et nous alertent », poursuivent les cavalières.
Un départ de feu, un dépôt sauvage, un arbre dangereux ou tombé, une motocross, un nid de frelons asiatiques, un niveau d’eau inquiétant dans les étangs, voilà quelques exemples de ce que ces sentinelles de la forêt font remonter aux pompiers ou aux services d’Île-de-France Nature. Lorsqu’elles rentrent, elles consignent tout dans un rapport.

Quand la brigade n’est pas à ferrières-en-Brie, elle est basée à Bondy, en Seine-Saint-Denis. ©Julia GUALTIERI« On n’est pas dans la répression, plutôt dans la pédagogie »
Lorsque les gardes équestres sont assermentés, ils ont la possibilité de mettre un PV aux contrevenants sur la base de laquelle le procureur de la République peut adresser une amende. « Après, on n’est pas dans la répression, plutôt dans la pédagogie », précise la responsable. Sur le terrain, les équipes arrivent souvent à faire respecter les règles « dans le calme » et ont toujours la possibilité d’appeler la police dans le cas contraire.
Si les chevaux facilitent la communication, ils inspirent aussi le respect. « Le fait qu’on voit, qu’on reste, incite les gens à respecter les règles », ajoute Mariétou.
Au fil du temps le travail de sensibilisation paie. On sent que les gens sont plus prudents.
Mariétou, garde équestre
Toujours présents
La brigade, qui compte six gardes en plus de la responsable, patrouille 365 jours par an et sur onze des sites gérées par Île-de-France Nature, de Bondy à Ferrières en passant par Montgé ou les Vallières. « De mai à octobre, on s’installe à Ferrières, le reste du temps, on est à Bondy », explique Cécile Edon. « Ça permet d’avoir des distances raisonnables. »
Le choix des patrouilles se fait selon la fréquentation des sites, là où il y a eu des signalements ou lorsque les services mènent une opération qui peut soulever des questions des usagers, notamment la sylviculture. Pendant 2 h à 3 heures, les binômes arpentent les sentiers.

La brigade équestre compte sept chevaux qui sont dressés en interne. En moyenne, ils travaillent 10 ans avant de prendre leur retraite. ©JGUn métier méconnu
« Je ne connaissais pas ce métier mais ça me plaît beaucoup », sourit Elsa, arrivée pour faire une vacation et qui a été embauchée, il y a presque deux ans et demi. « C’est sympa, c’est un métier qui allie la nature, les chevaux et l’échange avec le public. On travaille en extérieur dans un cadre incroyable », apprécie Margaux, garde équestre depuis quatre ans.
Pour ces cavalières passionnées et chevronnées, c’est un moyen de vivre d’une activité stable, au contact des chevaux. « Je pensais que c’était inaccessible », ajoute Mariétou. Car entraînement et entretien des chevaux font aussi partie du quotidien. Il y a toutefois peu de places et ailleurs, l’activité de garde équestre est souvent saisonnière. Un « dream job » très utile.
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