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Début août, les premiers papillons blancs volaient déjà autour de la haie. Après le passage classique du Bacillus thuringiensis, la sanction est arrivée quatre jours plus tard : buis roussis, fils de soie partout, chenilles bien trop grosses pour que le traitement fasse encore effet.
À retenir
- Le vol des papillons n’est pas le bon signal pour traiter : il faut attendre l’éclosion des chenilles
- La génération d’août se développe en quelques jours à peine sous la chaleur estivale
- Le Bt tue seulement les jeunes larves de petit stade ; passé quelques jours, les chenilles deviennent résistantes
Sommaire
- Une haie dévorée en quatre jours, le récit d’un traitement raté
- Pourquoi le Bacillus thuringiensis ne tue que les jeunes chenilles
- La génération d’août, la plus sournoise de l’année
- Le bon geste : traiter à l’éclosion, pas au vol des papillons
- Que faire quand la haie est déjà touchée
- Anticiper la génération suivante
Une haie dévorée en quatre jours, le récit d’un traitement raté
Le geste semblait pourtant le bon : pulvériser dès l’apparition des adultes, comme le recommandent la plupart des fiches techniques. Mais le calendrier de la pyrale ne laisse aucune marge d’erreur en pleine chaleur estivale.
Entre la ponte des œufs et l’éclosion des jeunes larves, il s’écoule quelques jours à peine. En traitant au moment du vol des papillons plutôt qu’à l’éclosion réelle des chenilles, le produit avait déjà perdu une bonne partie de son efficacité quand les larves se sont mises à manger.
Pourquoi le Bacillus thuringiensis ne tue que les jeunes chenilles
Le Bt agit uniquement par ingestion. La chenille doit croquer une feuille traitée pour absorber la bactérie, qui perce alors la paroi intestinale et déclenche une septicémie fatale.
Le produit élimine les chenilles en activité sur les buis par contact ou par ingestion pendant 7 à 10 jours. Passé ce délai, la matière active se dégrade sous l’effet du soleil et des pluies, et n’a plus aucune prise sur les nouvelles arrivées.
Le vrai problème n’est pas le produit, mais le stade des larves. Il est important d’intervenir quand les chenilles sont jeunes, car les larves de petit stade sont beaucoup plus sensibles aux endotoxines, tandis qu’un traitement tardif réduit l’efficacité.
Une chenille de quelques millimètres ingère une dose mortelle en une bouchée. Une chenille déjà bien développée, elle, résiste beaucoup mieux et continue de dévorer le feuillage malgré le traitement.
La génération d’août, la plus sournoise de l’année
C’est là que se joue tout le drame de cette saison. Les chenilles de deuxième génération se développent en juillet, et une troisième génération peut apparaître en août-septembre dans les zones climatiquement favorables comme le sud de la Loire ou les zones urbaines à effet de chaleur.
Cette génération d’été profite de la chaleur pour accélérer son cycle. Ce papillon a besoin d’une température de 15° pour effectuer la totalité de son cycle de vie, mais la température optimale se situe entre 18 et 30°, exactement les conditions d’un mois d’août classique.
Résultat : des œufs à la défoliation visible, il ne se passe parfois qu’une poignée de jours. Une chenille peut dévorer jusqu’à 40 feuilles par jour, amenant parfois à la perte totale d’un buis en 2 à 4 semaines quand rien n’est fait à temps.
Le bon geste : traiter à l’éclosion, pas au vol des papillons
Voir voler les papillons n’est qu’un signal d’alerte, pas le bon moment pour sortir le pulvérisateur. Le vrai déclencheur, c’est l’apparition des toutes jeunes larves sur le revers des feuilles.
Le piège à phéromone indique précisément quand les adultes volent, donc quand les pontes ont lieu, donc quand les jeunes chenilles vont éclore, un outil de décision plutôt qu’un traitement en soi. C’est ce décalage de quelques jours entre vol et éclosion qui fait toute la différence.
Dans la pratique, mieux vaut attendre trois à quatre jours après les premières captures de papillons avant de traiter, le temps que les œufs éclosent réellement. Les jeunes larves de deuxième génération éclosent rapidement et grossissent vite, et un traitement au BTK reste efficace si on intervient sur les premiers stades larvaires.
Un second passage reste souvent nécessaire. Il est conseillé de répéter l’application 8 à 12 jours après la première si les conditions ont été défavorables, en cas de pluie ou de forte chaleur qui dégrade la bactérie.
Que faire quand la haie est déjà touchée
Une fois les chenilles bien grosses et le feuillage roussi, le Bt seul ne suffit plus à sauver la situation. Il faut alors combiner plusieurs approches plutôt que de multiplier les pulvérisations inutiles.
Un jet d’eau ferme peut déloger une partie des larves les plus exposées, à condition de ne pas casser les jeunes rameaux. Le paillage et le nettoyage des feuilles mortes tombées au pied du buis limitent aussi les cachettes pour les prochaines chenilles.
Les trichogrammes agissent sur les œufs avant l’éclosion, le BTK sur les jeunes chenilles après éclosion, et ces deux méthodes se complètent sur une même génération avec une fenêtre d’application idéale décalée de quelques jours.
Anticiper la génération suivante
La bonne nouvelle, c’est que l’histoire ne s’arrête pas à cette haie brûlée par le soleil et les mandibules. Le cycle de la pyrale est rapide et prolifique, avec généralement entre deux et trois générations par an en France, voire quatre dans les régions les plus chaudes.
Une génération manquée en août n’est pas une fatalité pour l’année suivante. Un piège à phéromone posé dès le printemps prochain, vérifié tous les dix jours, permet de repérer le tout premier vol et de calculer le bon décalage avant traitement, plutôt que de pulvériser au hasard des papillons aperçus dans le jardin.
Sources : fr.jardins-animes.com | maluttebio.com