Alors qu’il jouait pour le Stade toulousain, Jean Fabre s’est retrouvé à porter le maillot sang et or, en tant que capitaine et sous la houlette de l’entraîneur Marcel Dax. Un duo qui a permis à Rodez de se hisser au plus haut niveau.

Plutôt que de mettre en avant un souvenir lié à sa brillante carrière de joueur, en équipe de France bien évidemment mais également au Stade toulousain, Jean Fabre préfère parler d’une épopée. Une aventure humaine collective qui a conduit Rodez au plus haut niveau. « Lorsque j’ai commencé le rugby vers mes 15 ans, j’étais très loin d’imaginer où tout cela me mènerait, sourit aujourd’hui Jean Fabre. Je me rappelle que la tenue des joueurs de Rodez me fascinait quand j’étais petit. Et quand j’ai commencé à jouer, un peu plus tard, je voulais la même tenue. Ma mère m’avait acheté des chaussettes couleurs sang et or, mais c’était celles de l’Usap (le club de rugby de Perpignan qui porte les mêmes couleurs que Rodez, NDLR) ! »

Dès le départ, l’histoire de Jean Fabre avec le rugby est donc de l’ordre de l’intime. Où la famille compte pour beaucoup. Une famille qui s’est élargie ensuite à ses coéquipiers de terrain. Il commence donc le rugby en cadet, avant d’intégrer l’équipe première. Lors de ses études universitaires à Toulouse, pour se plonger dans les mathématiques, il jouera avec le Stade toulousain de 1956 à 1965.

Avec Marcel Dax

Durant cette période, il fut sélectionné huit fois en équipe de France, dont trois fois en tant que capitaine. Il fut également capitaine de l’équipe de France B, de l’équipe des Pyrénées et surtout du Stade toulousain durant huit années également. Avant de revenir à Rodez. En tant que capitaine également mais accompagné de Marcel Dax. Un duo de caractère qui va bouleverser la destinée du club ruthénois.

Jean Fabre a pieusement conservé son premier maillot porté en équipe de France.

Jean Fabre a pieusement conservé son premier maillot porté en équipe de France.
Centre Presse Aveyron – Ph.H.

« À l’époque, nous avions fait le choix de faire confiance aux jeunes du club, se souvient Jean Fabre. Et à la fin de chaque saison, nous gravissions les divisions. Il y avait un état d’esprit formidable et je me souviens encore du nom de chaque joueurs qui évoluaient à mes côtés. » Et l’ancien président du Stade toulousain d’égrener les noms de ceux qui ont porté le maillot sang et or durant cette épopée.

Une histoire d’amitiés et de rencontres

Même s’il est contraint d’arrêter sa carrière à cause des blessures, Jean Fabre continue à suivre de près l’aventure de ses protégés. « J’avais cette étiquette de joueur du Stade toulousain dans le dos et effectivement, pas mal de joueurs adverses me ciblaient », plaisante aujourd’hui Jean Fabre mais qui garde intact le souvenir de ces rencontres rugueuses.

Fort de l’apport de duo, les joueurs ruthénois parviennent au sommet avec un titre de champion de France de deuxième division. Le club reste trois ans dans l’élite avant de redescendre. Et de remonter quelques années plus tard. Mais Jean Fabre était loin. Il était occupé à redorer le blason d’un Stade toulousain alors moribond. Mais, même à l’époque, son esprit n’était jamais loin de sa ville de cœur, Rodez. « Et aujourd’hui, plus que jamais, même si j’ai eu beaucoup de responsabilités dans le rugby, confie Jean Fabre. Je n’ai jamais arrêté de suivre le club de Rodez. Et je suis toujours fier de voir comment il a évolué. Le rugby est, pour moi, d’abord une histoire d’amitiés et de rencontres. C’est ce qui a fait la force de l’équipe pour laquelle j’ai joué et qui l’a fait encore. »