Mon Europe à moi

Elle nous porte autant qu’elle nous tourmente. Depuis les années 1990, la construction européenne ne cesse de bousculer les liens qu’entretient la Suisse avec ses voisins, quand elle n’interroge pas directement son identité. Cette semaine, cinq personnalités dévoilent la place que tient l’Europe dans leur vie

Juriste et spécialiste de la protection des données, François Charlet s’est toujours intéressé au droit européen en matière numérique et à son influence omniprésente sur les pratiques suisses. Premières rencontres avec le droit européen à l’université, un stage à la mission suisse de Bruxelles de cinq mois pour voir l’envers du décor politique – et à 38 ans, le juriste diplômé à Lausanne est devenu une pointure reconnue de la protection des données et de l’IA pour les entreprises. De retour de vacances en France, reposé, il ne mâche pas ses mots pour décrire la relation à l’UE en matière numérique – oui, la Suisse peut développer des solutions souveraines dans les domaines stratégiques, comme le cloud, l’intelligence artificielle ou le traitement de données sensibles. Mais pour les entreprises, la coexistence de plusieurs standards est épuisante.

Dans votre travail, quelle place occupe aujourd’hui le droit européen?