Le géant industriel allemand Siemens a enregistré des prises de commande record au troisième trimestre grâce aux centres de données aux États-Unis, un essor lié à l’intelligence artificielle (IA) qui doit se matérialiser plus rapidement en Europe, a réclamé son patron jeudi. Au troisième trimestre de son exercice décalé 2025-2026, le groupe basé à Munich a enregistré un montant de commandes de 27,9 milliards d’euros, soit une hausse de 14% sur un an à données comparables, a-t-il indiqué dans un communiqué. Ce dynamisme repose notamment sur la branche d’infrastructures connectées, où les commandes ont bondi de 42% auprès de clients exploitant des centres de données, principalement aux États-Unis.
La construction de ces usines de l’IA profite particulièrement au conglomérat allemand, qui fabrique des trains, des logiciels ou encore des technologies médicales, mais se recentre de plus en plus sur le numérique. Cette tendance va se poursuivre en 2027 «et au-delà», a souligné Veronika Bienert, directrice financière de Siemens, lors d’une conférence de résultats. Pas moins de 9 des 10 principaux fournisseurs mondiaux de centres de données s’appuient sur Siemens, a indiqué le président du directoire Roland Busch. Il a exhorté Bruxelles à lever les «freins» à l’implantation rapide de centre données en Europe et à l’utilisation de l’IA dans les usines. «Réglementer est important, mais il ne faut pas oublier de faire la distinction» entre les données privées et les données des machines, a-t-il insisté.
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Le bénéfice net grimpe de 15%
Le conglomérat a relevé ses objectifs annuels pour sa branche d’infrastructures connectées, anticipant une croissance de ses revenus de 10% à 11% en 2026, contre 8% à 10% attendus précédemment. Cette division a logiquement dopé le chiffre d’affaires du groupe au troisième trimestre, en hausse de 8%, à 20,8 milliards d’euros. Quant aux branches industrie du numérique et mobilité, elles ont aussi réalisé de bonnes performances. Tout comme la division de technologies médicales, première en matière de revenus, mais dont le conglomérat veut se séparer car elle est moins alignée avec sa mue numérique.
Le groupe indique dans son communiqué qu’il a «clarifié avec les autorités fiscales les principaux sujets fiscaux» pour poursuivre la scission prévue en 2027. Côté résultats, le groupe a également créé la surprise. Le bénéfice net a grimpé de 15% sur un an, à 2,6 milliards d’euros, selon son communiqué. Les analystes sondés par FactSet tablaient eux sur un recul à 2,0 milliards d’euros. La rentabilité du troisième trimestre a également été soutenue aux États-Unis par des remboursements de droits de douane, en particulier chez Siemens Healthineers d’environ 200 millions d’euros, selon Roland Busch. Malgré ces résultats, l’action Siemens décrochait de 4,98% à la Bourse de Francfort, vers 07H20 GMT.