La dernière tentative de rapprochement entre Reykjavik et Bruxelles avait échoué, il y a plus de dix ans.

Jusqu’où Bruxelles sera prête à aller pour conquérir le cœur des Islandais ? Ces derniers se prononceront le 29 août sur la reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne. S’ils donnent leur blanc-seing pour une réouverture des négociations, une fois ces dernières terminées, un deuxième référendum viendra formellement valider l’accord d’adhésion. Il y a plus de dix ans, une première tentative de rapprochement entre Reykjavik et Bruxelles s’était soldée par un échec en raison d’un désaccord sur les droits de pêche. L’Islande refusait d’ouvrir ses zones de pêche aux autres États membres, comme le veut le droit communautaire.

Afin d’aplanir les difficultés, le commissaire européen à la pêche, Costas Kadis, a déjà assuré que l’UE était prête à discuter d’exemptions concernant les modalités de partage des ressources. Cela ne suffit pas à Reykjavik, dont la pêche représente 40 % des exports. Thorgerdhur Katrin Gunnarsdottir, la ministre des Affaires étrangères islandaise, a déclaré au Financial Times que son gouvernement, en cas d’adhésion, devrait conserver le contrôle souverain sur toutes les zones de pêche du pays. Chaque État a pu négocier des clauses spécifiques en rejoignant l’UE, mais une telle exemption serait une première dans l’histoire de l’Union. Le scrutin s’annonce serré et ces questions de pêche pèseront : selon un récent sondage, 53 % des électeurs sont favorables à la reprise des négociations.