Le golfeur de Dolbeau-Mistassini, que le hasard a jumelé à Derek Reimnitz, Dany Tremblay et Carl Provencher, a remis une carte cumulative de 57, soit 15 coups sous la normale. Installé au neuvième trou pour conclure la ronde, le quatuor détenait un coup de priorité sur Jean-Philippe Reid, deuxième à -14.
Carl Provencher a réglé le dossier assez rapidement en plaçant la balle à quelques centimètres de la coupe sur un long roulé. La normale n’était qu’une formalité, sous le regard attentif de Reid et ses partenaires.
«Je n’ai rien à dire sur Carl, c’est une légende», a scandé Vincent Lemieux, en entrevue quelques minutes après son sacre. Il participait à son quatrième Georges, mais il était à la conquête d’un premier titre.
Triomphe qui lui permet de mettre la main sur une bourse de 20 000 $, qu’il va partager avec ses nouveaux amis. Rappelons que les 48 équipes sont formées via un tirage au sort.

«Je ne connais personne [dans mon équipe], mais parfois, ça fait, a résumé le jeune homme de 23 ans. On débute la journée et on voit comment ça va. On avait vraiment une belle équipe. En tant que golfeurs, on a tous la même attitude. On veut gagner, mais on est là pour s’amuser au départ et c’est de cette façon qu’on est allé chercher la victoire. Il y a tellement de bons joueurs et de grosses équipes ici, tu ne sais jamais comment ça va aller. Il faut que les étoiles s’alignent.»
Les champions ont signé 13 oiselets, un aigle et quatre normales, ce qui leur a permis d’aller chercher ce précieux coup de priorité sur le quatuor formé de Jean-Philippe Reid, Charles-Emile Thibeault, Simon Tremblay, Michel Cantin, seuls au deuxième rang à -14. Puisque des bourses sont décernées aux quatre premières positions, de la prolongation a été nécessaire pour départager les cinq équipes à -13.

Un terrain fragile
Si les joueurs ont pu profiter de conditions de jeu intéressantes, le travail en amont n’a pas été de tout repos pour le surintendant du Club de golf de Chicoutimi. Charles Ouellet a trimé dur pour offrir un terrain en bon état, d’autant plus que l’idée d’annuler le tournoi n’a jamais fait partie des options.
En raison de la pluie des derniers jours, voire semaines, l’état spongieux du gazon le rend fragile. Avec 192 joueurs attendus mercredi matin, les efforts ont été notables dans les 24 dernières heures pour limiter les dégâts.
«J’espérais juste être capable de tondre, c’est rendu à ce point-là», a laissé tomber Charles Ouellet, un peu plus d’une heure avant le départ des 48 quatuors, sur les différents trous du terrain.

Fermé lundi, le Club de golf de Chicoutimi a rouvert ses allées mardi, malgré un état «correct». Le drainage de ce terrain d’un certain âge pourrait être plus efficace, de convenir le surintendant.
«Le terrain n’est pas uniforme, il y a des endroits plus névralgiques que d’autres, où on retrouve plus d’eau, a expliqué Charles Ouellet. Une autre belle journée de soleil et ça devrait vraiment commencer à être beaucoup mieux.»
Un œil moins avisé pourrait croire que les conditions sont optimales, mais les précipitations ont fragilisé plusieurs secteurs, y compris les verts. Un sable y a été déposé pour «durcir la surface», mais les joueurs étaient invités à la prudence.
Les voiturettes devaient notamment emprunter uniquement les sentiers et le piétinement sur les verts était à éviter.
Et ceux qui croient que les journées chaudes prévues pour le reste de la semaine sont un remède efficace peuvent aller se rhabiller. Un autre mal guette la surface.
«Quand on a des fluctuations de conditions, il faut surveiller les maladies fongiques qui attaquent le gazon, a ajouté le surintendant. L’idéal, c’est une température de 25 degrés Celsius le jour et environ 15 degrés la nuit. Quand tu vis une journée de 36 et qu’il fait 22 la nuit, c’est plus compliqué.»
Le directeur général du Club de golf de Chicoutimi va attendre la fin de la saison avant de faire un état des lieux. À titre d’exemple, Carl Bouchard pouvait à tout le moins mentionner que la fermeture de lundi a engendré, à elle seule, des pertes financières entre 15 000 et 20 000 $.

Des participants au tournoi Le Georges avaient prévu y tenir une ronde de pratique, en plus de tout l’aspect social entourant l’événement, avec le tirage au sort des équipes en soirée. Sans parler des membres qui sont fidèles au rendez-vous, ce qui représente environ 325 joueurs programmés lundi. Ils ont dû laisser les bâtons dans leur sac.
«On va attendre les résultats, mais c’est une année difficile, a soufflé le DG. Ça ne prend pas un doctorat en mathématiques pour comprendre que ça fait mal quand tu dois fermer trois jours avec 340 joueurs annoncés. Ces journées-là, on ne peut pas les vendre au mois d’octobre. Des belles journées sans vent avec du beau soleil en octobre, on n’en a pas.»