- Trois Kurdes avaient été assassinés en 2022 devant un centre culturel kurde à Paris.
- William Malet, qui a reconnu les assassinats, sera jugé du 23 février au 8 mars 2027 devant la cour d’assises, annonce une source judiciaire.
- La justice s’était interrogée à plusieurs reprises sur la qualification « terroriste » ou non de ce crime.
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Fusillade à Paris : la communauté kurde endeuillée
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C’est une fusillade survenue le 23 décembre 2022. Ce jour-là, trois Kurdes avaient été tués à Paris. William Malet, un ancien cheminot, sera jugé du 23 février au 8 mars 2027 devant la cour d’assises pour assassinats et tentatives d’assassinats commis en raison de l’origine, de l’ethnie ou de la religion des victimes, a annoncé ce vendredi 7 août une source judiciaire à l’AFP.
Aujourd’hui âgé de 73 ans, l’homme a reconnu avoir ouvert le feu devant un centre culturel kurde dans le 10ᵉ arrondissement de la capitale, « un repaire » du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), selon lui, faisant trois morts et trois blessés. Mis en examen et écroué après les faits, le conducteur de train à la retraite a expliqué son geste par sa « haine pathologique » des étrangers.
Onze jours avant son attaque, il était sorti d’un an de détention provisoire pour avoir blessé, avec un sabre, des migrants dans un campement parisien en décembre 2021.
Le motif terroriste écarté
William Malet avait lié les assassinats des Kurdes avec le cambriolage de sa maison à Livry-Gargan en Seine-Saint-Denis en 2016. Il avait alors agressé au couteau trois personnes s’étant introduites chez lui, ce qui lui avait valu trois ans de prison.
En mai 2023, la cour d’appel de Paris avait écarté « complètement l’état de légitime défense ». Depuis cet épisode, « j’ai toujours eu envie d’assassiner des migrants, des étrangers », a affirmé William Malet devant le juge d’instruction, décrivant son intention de se suicider ensuite « pour que (sa) mort ne passe pas inaperçue ».
La justice antiterroriste s’est plusieurs fois interrogée pour savoir si elle devait se saisir de ce dossier. Mais, selon les juges d’instruction, « rien dans la procédure ne permet de relever des indices » que le suspect avait pour « intention de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ».
La « motivation profonde » de William Malet est « davantage d’ordre intime que politique » et aucun document ni référence idéologique n’a pu le rattacher à « un quelconque courant, notamment d’ultra-droite ou politique d’extrême droite », ont-ils souligné dans leur ordonnance de renvoi en juillet 2025.
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Contactés par l’AFP, les avocats de William Malet et ceux des parties civiles n’ont pas donné suite ou n’ont pas souhaité commenter ce procès à venir. Les avocats des parties civiles avaient déploré en novembre 2025 que la qualification « terroriste » n’ait pas été retenue.
