Tournoi de Penmarc’h
Les piètres résultats des joueuses françaises à l’international auraient-ils déjà produit des effets néfastes ? La question est ouverte. À Loctudy, le tableau féminin sonnait ainsi le creux. Il était famélique avec 11 engagées dont la vainqueure inscrite au dernier moment, comme pour sauver les apparences.
À quoi attribuer cette désaffection subite ? À l’évidence, pas au prize money. « C’était même très bien doté, a confirmé Katell Ruet, consciente d’avoir réalisé un petit hold-up avec ses 300 euros dégotés pour une heure passée sur le court. Je connais des filles classées -15 qui ne prennent que 100 € sur des tournois en région parisienne. » La météo plutôt avantageuse ne peut aussi être mise en cause.
Le Padel aurait-il alors pompé à ce point les effectifs du bon vieux tennis, même s’il ne lui fait pas encore de l’ombre dans les médias ? « Je m’y suis mise, a avoué Katell Ruet qui officie toujours aux côtés d’Arzel Mevellec sur les tournois de Quimper, des Sables, et ceux organisés en Afrique. Le Padel gagne du terrain, mais je n’abandonnerai pas le tennis pour autant. » Ce désintérêt pour le tennis s’est ainsi vérifié depuis juin sur la quasi-totalité des tournois organisés en Sud-Finistère. « À Pont-l’Abbé, lorsque j’étais classée 0, il y a 5 ans, j’étais juste dans le tableau final. Dimanche dernier, je suis rentrée en demi-finale avec mon classement de 4/6. Philippe Cochard m’a appelé pour jouer à Ergué ce week-end. Il n’a personne non plus. Mais je ne pourrais pas ! »
Assurément, le tennis féminin a la fièvre. Pas celle du samedi soir, celle qui requiert un traitement d’urgence.
La fiche technique
Finale femmes : Katell Truet (4/6, T.P.Concarneau) – Anna Provenzano (15/4, T.C.Unieux) : 6-0, 6-1.
Finale hommes : Benjamin Martin (-15, SNUC) – Rafaël Thao Keuang (3/6, Val d’Europe) : 6-2, 6-0.