Par
Romane Rousseau
Publié le
7 août 2026 à 11h02
En pleine période de sécheresse, l’État alerte sur les perturbations des données officielles des stations de mesure des cours d’eau de Bretagne. Causées par « des barrages artisanaux et des obstacles artificiels », elles faussent les relevés de hauteur d’eau sur laquelle est basée la gestion « optimale de la ressource ».
Des obstacles qui faussent les mesures
L’alerte a été donnée par la préfecture de Bretagne via un communiqué jeudi 6 août 2026. Ces derniers jours, « des obstacles au droit de certains cours d’eau et au niveau de certaines zones de mesure ont été observés », déplore-t-elle.
En effet, des « barrages artisanaux ou des obstacles » sont mis en place, par exemple « avec des pierres installées pour rehausser la hauteur d’eau et créer une petite zone de baignade ».
Seulement, la hauteur de l’eau après le barrage n’est plus représentative de « la hauteur d’eau réelle dans ce cours d’eau ».
« Il n’est donc plus possible d’évaluer correctement l’état de la ressource en eau et l’impact
de la sécheresse dans ce bassin versant. »Préfecture de Bretagne
Pourquoi c’est un problème ?
Mais ces données, enregistrées via un réseau de 140 stations de mesure en Bretagne, sont précieuses pour mesurer l’état de la sécheresse, basée sur « l’évaluation de la hauteur de l’eau dans les cours d’eau via des systèmes de mesure en continu ».
« C’est en effet sur la base de ces données que sont prises les mesures
nécessaires pour une gestion optimale de la ressource en eau en cette période de sécheresse. »Préfecture de Bretagne
Il est donc essentiel de conserver l’écoulement naturel de l’eau, de ne pas disposer d’obstacles comme du branchage ou des pierres, afin de ne pas fausser ces données.
Une menace aussi pour la biodiversité
En plus d’impacter les données des stations de mesure, ces obstacles artificiels réduisent et stoppent les débits de manière incontrôlée.
Des retenues qui provoquent « des variations de température, la prolifération d’algues, une baisse d’oxygénation et une altération de la dynamique des sédiments ».
Un dérèglement de l’équilibre écologique qui présente des risques « majeurs pour les organismes aquatiques ».
Une amende salée
La préfecture de Bretagne a également rappelé la sanction qui s’applique : la construction de barrages sauvages ou d’obstacles dans nos cours d’eau, même temporaires, est passible d’une amende allant jusqu’à 1 500 €.
Si les installations sont plus volumineuses, cela constitue un délit passible de 100 000€ d’amende et jusqu’à 2 ans d’emprisonnement.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.