Quelques jours après Éric Ciotti, l’association de victimes de l’attentat du 14-Juillet Life for Nice s’apprête à saisir la justice contre le rappeur parisien Boro700 pour des faits qu’elle estime susceptibles de relever de l’apologie du terrorisme.
En cause : son titre « MRH », publié le 7 juillet sur les plateformes de streaming et dont les paroles multiplient les références à Mohammed Merah, aux attentats du Bataclan et du 13-Novembre.
« Mais aussi à l’attentat de Nice » estime l’association Nice for Nice. Notamment derrière les paroles « qui t’a dit de t’imposer sur ma route ? ».
Une référence que Jean-Claude Hubler, le trésorier de l’association, rapproche de la Promenade des Anglais, même si celle-ci n’est pas nommée explicitement dans le texte.
Le morceau, qui compte désormais près d’un million d’écoutes sur Spotify, s’en prend également à Éric Ciotti et Christian Estrosi.
Pour Life for Nice, ces références constituent « une profonde atteinte à la mémoire des victimes ainsi qu’à leurs proches ».
« Le respect des victimes avant tout »
« Après les dix ans de l’attentat à Nice, nous balancer ça… C’est une honte par rapport au respect des victimes de Nice et de toutes les victimes du terrorisme » », déplore Jean-Claude Hubler.
Pour lui, la liberté d’expression ne saurait tout justifier : « Il y a la liberté d’expression, mais il y a le respect des victimes. Pour nous, il passe avant tout. »

L’association a chargé son avocat de préparer la plainte, qui doit être adressée au procureur de la République de Nice dans les prochains jours.
Ce n’est pas la première fois que Life for Nice saisit la justice contre un rappeur pour des propos faisant référence à l’attentat.
En février 2024, l’association avait porté plainte contre Freeze Corleone après une allusion au camion de l’attentat dans le morceau « Haaland ».
Une procédure qui a abouti, en avril dernier, à sa condamnation à 15 mois de prison avec sursis et 50.000 euros d’amende, décision dont le rappeur a fait appel.
Reste désormais à la justice de déterminer si les paroles de Boro700 dépassent les limites de la liberté d’expression et peuvent recevoir une qualification pénale.