Publié le
8 août 2026 à 6h04
Les sangliers défraient régulièrement la chronique ces dernières années à Toulouse. Outre les dégradations observées çà ou là, notamment dans les domaines agricoles, il est de plus en plus fréquent que des compagnies soient signalées sur l’autoroute aux portes de la ville, ou même sur le périphérique, causant d’importants risques d’accident pour les usagers. La fédération des chasseurs de la Haute-Garonne va lancer un dispositif inédit dans une grande métropole pour tenter d’y remédier.
Une « importante population urbaine de sangliers » près de l’Hers
Parmi leurs coins de prédilection ? Les rives de l’Hers, qui traverse la Ville rose… et longe l’A61 à l’est de Toulouse. « C’est une zone connue pour accueillir une importante population urbaine de sangliers », témoigne Johan Roy, responsable du service environnement de la Fédération départementale des chasseurs de Haute-Garonne (FDC31). « Ils se concentrent en bordure d’autoroute et de la RD916. Il y a quelques années, nous avions équipé des sangliers de colliers GPS », rappelle-t-il. « Cela nous avait permis de certifier qu’ils venaient jusque dans Toulouse via l’Hers… ».
On est sur un corridor écologique, c’est très bien pour la biodiversité, mais cela suscite d’autres problèmes et cela amène les sangliers près d’infrastructures routières très fréquentées.
Johan Roy
Responsable du service environnement de la Fédération départementale des chasseurs de Haute-Garonne
Tout près de la zone d’activités de Labège
Si le problème survient régulièrement à différents endroits du département, un secteur précis des rives de l’Hers suscite donc la vigilance des autorités. Il se situe à hauteur de Labège-Innopole, où la rivière et les sangliers qui en ont fait leur terrain de jeu se retrouvent coincés entre deux axes majeurs : d’un côté, la route départementale 916 (qui dessert la zone d’activités de Labège, N.D.L.R.), où ils entraînent « régulièrement des collisions routières », et de l’autre, l’A61, où « les grillages qui permettent de protéger l’autoroute sont mis à mal par les sangliers ».
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Trop proche de l’autoroute pour tirer
Pour remédier au problème dans ces zones « non chassables », les chasseurs ont donc cherché, en lien avec la préfecture, Vinci Autoroutes et le Conseil départemental de la Haute-Garonne, des « solutions novatrices ». Jusqu’à envisager d’installer… des filets de capture au sein des emprises autoroutières. Une première en France au bord d’un grand axe.
Cela a déjà été testé dans quelques départements pour protéger des cultures agricoles, et cela a donné de bons résultats. On veut l’expérimenter dans un cadre plus urbain où on ne peut pas tirer et réguler les animaux, parce qu’on est trop proche des infrastructures de transport.
Johan Roy
Géré par les lieutenants de louveterie, avec l’appui de la fédération et de l’association de chasse locale, cet équipement vise à « piéger un maximum d’animaux », explique Johan Roy, afin de « réduire drastiquement la population locale de sangliers, dans ces friches qui représentent désormais l’habitat de l’espèce ».
Comment ça marche ?
« Ce type de filets a déjà été testé sur des espaces agricoles dans différents départements », ajoute Johan Roy. « Dans le Gers, l’un d’eux a permis de capturer une trentaine d’individus en une fois… Car à la différence des cages pour piéger les sangliers, les filets permettent de capturer des compagnies entières ».
Celui de l’A61 sera installé entre Labège et Auzeville-Tolosane « dans le courant de l’hiver 2026-2027 ». Il mesurera « une emprise au sol d’une dizaine de m2 ». Pour y attirer les sangliers, les chasseurs viendront « l’alimenter en maïs. On suivra l’évolution du dispositif par des pièges photographiques et on le baissera petit à petit »
Une fois capturés dans les filets, « les sangliers seront abattus ». La fédération de chasse entend ensuite « valoriser les carcasses via les associations locales ou les exporter vers des transformateurs et bouchers locaux ».
Un test d’un an… avant d’autres déploiements ?
Pendant un an, la fédération de chasse et ses partenaires vont « évaluer le succès de ce dispositif avec, à terme, l’ambition de le proposer dans les secteurs les plus problématiques de la métropole ».
« Nous allons d’abord voir comment ça réagit, et si ça fonctionne », mais si l’initiative est fructueuse, un autre filet devrait ensuite être « testé sur le Nord-Est toulousain en bordure de l’A68 et de la voie ferrée, autour de Montrabé ». D’autres axes pourraient être concernés aussi, notamment l’A64, au sud de Toulouse. Là même où, à l’été 2023, une jeune femme de 19 ans avait été tuée après un suraccident avec un sanglier sur l’autoroute.
1 600 euros le filet, construit dans les Hautes-Pyrénées
Vendus « 1 600 euros pièce », ces filets de capture sont construits par l’entreprise Altela, basée à Séméac, dans les Hautes-Pyrénées. « On en a déjà vendu plus de 300 en France, des Landes au Nord, ça marche visiblement très bien », témoigne Pierre-Yves Maniaval, le directeur de la société, qui fabrique des filets pour des activités diverses et variées.

Les filets de capture fabriqués à Séméac ont déjà été testés en zone agricole (©Altela)
Pour ce qui est des filets destinés à attraper les sangliers, « beaucoup de nos clients sont des agriculteurs, mais il y a aussi des golfs, et des organismes liés à l’environnement, comme la Ligue de protection des oiseaux… Les dégâts des sangliers, ça commence à coûter cher ».
L’initiative de la fédération de la Haute-Garonne s’inscrit dans le cadre d’un projet global de lutte contre la prolifération des sangliers en zone urbaine, qui prévoit diverses actions pour un budget annuel de 35 000 euros. Via le dispositif Oc’sanglier, la fédération de chasse dispose aussi d’un « appui financier de la Région Occitanie à hauteur de 50 % » de ses investissements.
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