Dans la longue interview qu’il a accordée à France Football, Medhi Benatia revient sur un moment important de la saison dernière de l’OM, possiblement celui où c’est parti en vrille. « Le départ de Roberto (De Zerbi) a fait beaucoup de mal, explique l’ancien directeur du football du club marseillais. On me dit : « On lui en veut, on y a cru et il nous a lâchés. » Non ! Ce n’est pas quelqu’un qui lâche, il se bat. » Un temps. « Après Bruges, il n’est même pas révolté, je me dis que c’est fini. Il est meurtri. On va à Clairefontaine au vert, je parle avec Kondo (gbia), Höjbjerg, Balerdi, Auba (meyang) : « On ne peut pas foutre la saison par terre. Le coach est mon ami, mais si vous avez un problème avec lui, dites-le, je trouve une solution. Si c’est avec moi, je m’en vais. Si c’est autre chose, je suis là. Mais dites-moi pourquoi vous choisissez vos matches ! » »
Les interrogés l’assurent sans rassurer : « On n’a pas de problème, on ne comprend pas nous non plus, c’est dur. » « Ils sont partis voir le coach : « Reste, on a besoin de toi. » Moi, je lui dis : « Je te comprends, je suis abattu moi aussi. On n’arrive pas à leur donner ce qu’on a à l’intérieur, ce feu. Tu veux faire quoi ? » Il a envie de se battre, on continue. Paris nous en met 5 (0-5, le 8 février 2026), si t’en prends 9, il y a rien à dire. Quand c’était la tempête, on n’a pas su préserver le coach. S’il avait tenu, la fin aurait été différente. Quand il veut partir, je le comprends et lui dis : « Je suis dégoûté, mais tu as raison. » »
Après avoir empêché une première fois un De Zerbi « furieux » de démissionner, après Lyon en tout début de saison (défaite 1-0, le 31 août), Benatia, lui-même « à bout », approuve la décision de son entraîneur : « Quand je parlais aux joueurs, « non, on l’adore le coach ». « Comment ça, tu l’adores ? Tu ne l’écoutes pas ! » Donc après Paris, je lui ai dit : « Tu peux partir. C’est notre échec, je pars avec toi. » »