Faire de la voile son métier, Solène Chevreuil en a longtemps rêvé. À 29 ans, cette passionnée de navigation et skippeuse professionnelle depuis un an, a rejoint l’école de voile Girolata avec une ambition particulière : redonner confiance aux femmes et les rendre totalement autonomes en mer. Une mission née d’un constat récurrent. Dans les équipages mixtes, les femmes peinent souvent à trouver leur place, sont fréquemment mises de côté, surprotégées, voire infantilisées. Quand ces attitudes ne relèvent pas d’un sexisme assumé, les réflexes à bord les privent souvent des responsabilités qu’elles souhaiteraient prendre.
« C’est hyper fréquent qu’on te prenne la barre des mains, qu’on repasse derrière toi après une manœuvre ou qu’on vienne t’aider à hisser la grand-voile, alors que t’en as absolument pas besoin », raconte Solène. Parmi les skippeuses qu’elle côtoie, toutes ont vécu ce type de situation. Certaines ont même été confrontées à des violences dans ce milieu « largement dominé par les hommes ».
« Créer un environnement en non-mixité favorise la confiance »
En 2020, Emmanuel Witvoet crée l’association Girolata. Son certificat d’autonomie à la voile, dispensé en 21 jours, rencontre un…