Par
Rédaction Paris
Publié le
8 août 2026 à 15h37
L’assassinat avait vivement ému et plongé dans la colère la communauté kurde. Le principal suspect de la fusillade du centre culturel kurde de la rue d’Enghien, dans le 10e arrondissement de Paris, qui avait fait trois morts, sera jugé à la cour d’assises du 23 février au 8 mars 2026 pour assassinats et tentatives d’assassinats commis en raison de l’origine, l’ethnie ou la religion des victimes, a appris l’AFP de source judiciaire.
Une « haine pathologique » des étrangers
Le 23 décembre 2022, William Malet, conducteur de TGV à la retraite, a tué trois Kurdes à l’aide d’une arme devant le centre culturel kurde Ahmed-Kaya. Trois autres personnes ont été blessées dans un salon de coiffure.
Mis en examen et écroué après les faits, le suspect avait expliqué son geste par sa « haine pathologique » des étrangers. Onze jours avant son attaque, il était sorti d’un an de détention provisoire pour avoir blessé, avec un sabre, des migrants dans un campement parisien en décembre 2021.
Il avait justifié ce geste par le fait qu’il était « la suite » du cambriolage de son pavillon de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) en 2016, lors duquel il avait agressé au couteau trois intrus qu’il avait surpris alors qu’il revenait chez lui, ce qui lui a valu trois ans de prison. En mai 2023, la cour d’appel de Paris avait écarté « complètement l’état de légitime défense ».
Débat autour de la nature de l’acte
Depuis cet épisode, « j’ai toujours eu envie d’assassiner des migrants, des étrangers », a affirmé William Malet devant le juge d’instruction, décrivant son intention de se suicider ensuite « pour que (sa) mort ne passe pas inaperçue ». Le débat sur la nature terroriste ou non de l’acte a suscité la controverse, notamment au sein de la classe politique.
Des milliers de personnes avaient rendu hommage aux victimes peu de temps après leur assassinat. La fusillade avait eu lieu neuf ans après que trois militantes kurdes eurent été exécutées dans le 10e arrondissement. La piste d’un assassinat politique orchestré par la Turquie était privilégiée par les enquêteurs.
Avec AFP
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