Il y a un an, l’Ukraine semblait condamnée à subir les choix de Washington et les exigences de Moscou. Ses succès sur le front, ses frappes en Russie et son avance dans la guerre des drones lui ont redonné l’avantage, et changé le regard des États-Unis.
Une image qui résumait le rapport de force. À Anchorage, en Alaska, le 15 août 2025, Vladimir Poutine était accueilli sur un tapis rouge par Donald Trump. Sourires, accolade : après trois années de quasi-isolement occidental, le président russe redevenait l’interlocuteur privilégié de Washington.
À Kyiv, la scène avait glacé. Six mois plus tôt, le 28 février 2025, Volodymyr Zelensky avait subi dans le Bureau ovale une humiliation publique, Trump lui reprochant de ne pas avoir « les cartes en main ». Quelques jours plus tard, les États-Unis suspendaient le partage de renseignements avec l’Ukraine.
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Anchorage avait cristallisé les craintes ukrainiennes. Poutine proposait de geler une partie du front en échange du retrait ukrainien des zones de Donetsk et Louhansk encore contrôlées par Kyiv, exigeait l’abandon de toute perspective d’adhésion à l’Otan et refusait le déploiement de troupes occidentales.
Trump pressait Zelensky d’accepter, rappelant que « la Russie est une très grande puissance » et l’Ukraine non. À l’automne, la fuite d’une conversation de Steve Witkoff, dans laquelle l’émissaire américain conseillait au Kremlin comment convaincre Trump, avait encore nourri la défiance.
Vers la normalisation
Un an plus tard, tout a changé. La relation entre Trump et Zelensky s’est normalisée, la pression américaine s’est desserrée et le partage de renseignements est revenu à son niveau initial. Surtout, l’Ukraine dépend moins de Washington pour porter la guerre en Russie. Ses drones frappent presque quotidiennement raffineries, dépôts et infrastructures militaires à des centaines, parfois plus de 1 000 kilomètres de la frontière.
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