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Rédaction Marseille

Publié le

9 août 2026 à 7h43

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a maintenu en détention, ce vendredi 7 août 2026, l’un des deux Marseillais suspectés de « tentative de meurtre » et d’une « séquestration » à Saumur (Maine-et-Loire) en mars 2024 dans le cadre d’un « contrat ». Un ami de la victime avait donné l’alerte à la brigade de gendarmerie de Saumur le 17 mars 2026. Son ami Houssam était « séquestré dans une maison abandonnée » et « blessé par balles »… La famille de cet homme originaire de Sainte-Luce-sur-Loire, à côté de Nantes (Loire-Atlantique), l’avait effectivement vu partir du domicile « dans la journée » avec un certain « Dylan » et il n’était jamais « réapparu ».

« Quatre impacts de balles » sur le corps

Le lendemain, la victime avait été retrouvée à Saumur, « devant une cavité troglodyte » avec « quatre impacts de balles » dans le tronc, la fesse, la main et la cuisse. Il avait « passé la nuit dans la grotte entre la vie et la mort » et a « écrit en lettres de sang le nom de l’ami qui l’avait accompagné » jusque-là, a fait savoir le magistrat de la chambre de l’instruction chargé de rapporter l’affaire. Une interruption totale de travail (ITT) d’un mois lui a été prescrite.

Entendu le 19 mars 2026 après avoir été opéré, Houssam avait expliqué avoir effectivement été emmené par Dylan de Nantes à Saumur avec d’autres individus. Arrivé en Maine-et-Loire, à 150 km de chez lui, il avait été « remis à deux Marseillais », « transféré dans un autre véhicule » et « amené dans la grotte ». L’un d’eux lui avait alors « tiré dessus ».

« Mets-le dans le coma, fais-lui des trucs bizarres »

La nuit précédant son enlèvement, Houssam avait en fait opéré « un voyage » qu’il pensait être « pour acheminer de l’argent ». Mais il lui avait été demandé par « un détenu de 37 ans » d’emporter « deux plaquettes de cannabis à Châteauroux (Indre) ». Il avait « pris le sac sous la pression » mais était en réalité « reparti » chez lui « en le jetant sur le trajet ». Le lendemain, « Dylan est revenu le frapper », avant de l’embarquer.

L’enquête a donc permis d’identifier ceux désignés comme « les deux Marseillais » qui avaient aussi « menacé » la victime sur les réseaux sociaux : Alessandro X, 22 ans – 20 au moment des faits -, et Nicolas X, dont l’âge n’a pas été indiqué lors de l’audience.

Tous deux auraient agi « pour le compte d’un donneur d’ordre », potentiellement ce « détenu de Châteauroux ». « Qu’est-ce que j’en fais ? », aurait demandé le premier à un troisième homme en visio, tandis qu’il acheminait la victime vers la grotte. « Mets-le dans le coma, fais-lui des trucs bizarres, tue-le, je ne veux plus en entendre parler », lui aurait répondu son interlocuteur au téléphone.

« Tant que tu payes, moi, j’éteins qui tu veux frérot »

Interrogé par le juge d’instruction en février 2025, Alessandro X – qui n’a pas été « reconnu précisément » par la victime, contrairement à Nicolas X – a expliqué qu’il avait séjourné à Saumur avec son ami pour « voir des escorts » et « s’alcooliser », il a contesté les faits, expliquant avoir « prêté sa ligne » à quelqu’un : celle-ci « borne » en effet sur la zone de la grotte au moment des faits.

« Je viens de Marseille frère, je fais du sale dans toute la France, y a pas de souci, tant que tu payes, moi, j’éteins qui tu veux frérot », aurait-il aussi jugé utile de dire à un interlocuteur sur Snapchat. L’exploitation de ce réseau social a permis d’établir qu’il avait pu répondre à « un contrat ». Nicolas X l’a aussi « incriminé » avant de « revenir sur ses déclarations »… Les deux auraient même « préparé la confrontation par téléphone » depuis leurs lieux de détention respectifs…

« Des traits psychopathiques »

À seulement 22 ans, Alessandro X a déjà été condamné six fois par la justice, principalement alors qu’il était encore mineur. Les « éléments » de personnalité sont « assez inquiétants » puisqu’il a « des traits psychopathiques », selon un expert psychiatre. « Nous avons compris à qui nous avions affaire », a d’ailleurs déploré l’avocat général, fermement opposé à sa remise en liberté et alors que le jeune homme n’avait « aucun projet » de sortie.

Alessandro X, lui, a maintenu n’avoir « tiré sur personne » et seulement avoir « trafiqué » par le passé : il voulait sortir de prison pour avoir « une vie normale » à Marseille. « Je ne suis pas un voyou, un patron de cartel, je ne vais pas m’évader dans un autre pays, je veux juste rentrer chez mes parents », a-t-il imploré. Mais au final, la cour a rejeté sa demande. Contacté par PressPepper, son avocat Me Arnaud Le Bourdais, qui n’était pas présent lors de l’audience, n’a pas souhaité réagir.

CB / PressPepper

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