C’était un homme discret et d’une grande humilité. Les hommages qui pleuvent ces dernières heures, y compris du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace de France, Philippe Baptiste, l’auraient vraisemblablement mis dans l’embarras.
Son curriculum lui aurait permis d’exercer partout en Europe, c’est pourtant à Nancy que Patrick Netter avait choisi de construire sa carrière, « Un lieu exceptionnel pour la médecine et la recherche », nous confiait-il il y a deux ans, alors que le Président de la République Emmanuel Macron venait de lui agrafer les insignes de commandeur de la Légion d’honneur.
Né à Épinal le 8 octobre 1947 dans une famille de commerçants, il commence par suivre des études de médecine, se spécialisant dans la rhumatologie. En parallèle, il se lance dans la recherche en pharmacologie. « À cette époque, la médecine était très cloisonnée. Mais pour moi, soigner les patients et en même temps chercher, c’est un tout. ». À l’époque, il planche sur les mécanismes cellulaires et moléculaires des pathologies articulaires. Ses travaux font référence, il consacre dès lors sa vie à la recherche biomédicale et à ses institutions.
Difficile d’énoncer son parcours de façon exhaustive tant il a été prolifique, conjuguant le soin, la recherche et la transmission, les trois piliers qui l’ont guidé. Au cours des trente dernières années, il a notamment été directeur de l’UMR physiopathologie et pharmacologie articulaire au CNRS/Université de Lorraine, doyen de la faculté de médecine de Nancy, directeur de l’Institut des sciences biologiques du CNRS, vice-président d’AVIESAN (Alliance pour les sciences de la vie et la santé), président d’IBISA (Infrastructures en biologie, santé et agronomie), conseiller Europe du CNRS… Le tout en multipliant les publications dans des revues internationales spécialisées : plus de 400 au total.
Rattrapé par la maladie en janvier dernier, il a continué à mener de front ses travaux et le combat contre le mal qui le rongeait. « La France perd un grand serviteur de la recherche », regrette le ministre Philippe Baptiste. La communauté universitaire et scientifique en est consciente. Sa famille était l’autre passion de sa vie. Marié en 1972 avec Édith Gotheil, Patrick Netter était le papa de trois filles, Caroline, Fanny et Valérie, et le grand-père de dix petits enfants.