François de Casabianca est assis au milieu de vingt-cinq de ses toiles – des paysages corses, italiens et espagnols – au sous-sol de la Galerie Noir et Blanc, à Bastia. Ce samedi 8 août, il dédicace un livre sorti il y a six ans : Corsica Mia. Une compilation de témoignages de terrain parue pendant le Covid et donc passée inaperçue. « Ceux qui l’ont lu m’ont dit qu’il fallait le faire connaître à plus de monde », se justifie-t-il.

De Madagascar à la Corse

Il y a vingt ans, cet ancien ingénieur agronome écrit une dizaine de pages pour ses enfants, afin de leur raconter des morceaux de sa vie. Un ami en reçoit des extraits et le pousse à aller plus loin. « C’est une douzaine de témoignages de choses que j’ai vécues, chacune avec son originalité », résume-t-il.

Ces récits traversent la Corse du Riacquistu, l’émergence du nationalisme et la question du développement, que l’auteur a portée comme militant – au sein d’A Rustaghja -, comme chercheur puis comme délégué régional à la recherche.

De ses expériences – dont huit années à Madagascar -, où il a vu des dizaines de milliers d’hectares devenus stériles à cause de l’agriculture intensive au nom de la productivité, l’auteur analyse les injustices, inerties ou dysfonctionnements qui entravent le bon développement de la Corse.

Dans ces pages, l’auteur garde l’amertume d’avoir vu son combat pour l’agriculture de montagne en Castagniccia écrasé par les élus et un préfet d’origine corse. En revanche, il tire une fierté du soutien qu’il a apporté à la reconversion, par une poignée de vignerons, du vignoble de Patrimoniu, qui s’est appuyée sur les cépages corses, contre l’avis de la profession.

François de Casabianca expose vingt-cinq toiles à la galerie Noir et Blanc, jusqu’au 17 août.