La Syrie et la Russie sont parvenues à un accord sur l’avenir de deux bases stratégiques situées sur la côte méditerranéenne, qui mettra définitivement fin à leur utilisation en tant qu’avant-postes militaires par Moscou, a déclaré dimanche le ministère syrien des Affaires étrangères.
La Russie a été le principal allié politique et militaire du président déchu Bachar al-Assad de 2011 à 2024, période durant laquelle la Syrie a combattu une opposition armée dirigée par des islamistes, dont l’actuel président par intérim Ahmad al-Sharaa était l’un des principaux chefs de file.
Tout au long du conflit, la base aérienne de Hmeimem, près de Lattaquié, et la base navale de Tartous ont constitué des avant-postes russes clés en Méditerranée orientale.
En vertu de cet accord, la Syrie prendra le contrôle de la base aérienne de Hmeimem et du poste d’amarrage commercial du port de Tartous dans le cadre de son administration civile. Les installations militaires de ces deux sites deviendront des «centres conjoints de formation et de qualification», a précisé le ministère des Affaires étrangères.
Ces nouvelles dispositions constituent une «réorganisation de la présence russe» le long de la côte syrienne, a précisé le ministère.
«Cette décision marque l’évolution la plus significative depuis le début des négociations il y a environ un an et demi, ouvrant la voie à une nouvelle phase dans les relations syro-russes», peut-on lire dans un communiqué.
La Russie n’a pas immédiatement commenté cet accord.
Moscou n’est pas intervenue lors du soulèvement éclair qui a conduit au renversement d’Assad, mais elle a accordé l’asile au dirigeant syrien de longue date et à sa famille. Après la chute d’Assad, les troupes russes encore présentes en Syrie ont progressivement quitté le pays.
Les nouveaux dirigeants syriens se sont attachés à maintenir des liens bilatéraux solides avec Moscou. M. Al-Sharaa s’est rendu à deux reprises à Moscou pour rencontrer le président Vladimir Poutine depuis son accession au pouvoir, les deux bases méditerranéennes constituant des points clés des discussions.
Depuis la chute d’Assad, la Syrie a également renforcé ses liens avec les États-Unis, l’Europe et les pays arabes voisins qui avaient rompu leurs relations avec Damas pendant la répression des manifestations menée par Assad. Washington a levé la plupart de ses sanctions paralysantes à l’encontre du pays, et le président français Emmanuel Macron s’est rendu en Syrie en juillet, à l’occasion d’une visite au cours de laquelle il a annoncé que les deux pays nommeraient des ambassadeurs respectifs pour la première fois depuis 14 ans.