La question «des menaces pesant sur les magistrats traitant de dossiers de criminalité organisée doit être prise très au sérieux», réclame Clémence Girard, à la tête de la section criminalité organisée du parquet de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris.
Le sujet des menaces sur «les magistrats traitant de dossiers de criminalité organisée » est «particulièrement préoccupant», estime Clémence Girard, à la tête de la section criminalité organisée du parquet de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris. «Ce sujet est particulièrement préoccupant et mérite que des discussions soient engagées», expose la magistrate dans un entretien accordé au Monde dimanche soir.
«Si nous ne cédons évidemment pas à la peur, il me paraîtrait néanmoins opportun qu’un accompagnement ou que des mesures puissent être prises pour que chacun puisse exercer ses fonctions sereinement», poursuit la vice-procureure.
«Certains ont dû bénéficier d’une protection»
La question «des menaces pesant sur les magistrats traitant de dossiers de criminalité organisée doit être prise très au sérieux», souligne-t-elle encore. Ces menaces «ne sont pas fantasmées, elles ont déjà visé un certain nombre de collègues, qui, pour certains, ont dû bénéficier d’une protection». Clémence Girard met encore en garde contre les «phénomènes de corruption» dans «les affaires de criminalité organisée».
La «compromission est un ressort incontournable pour les organisations criminelles, capables d’infiltrer tous les milieux», détaille-t-elle. «La corruption d’agents privés ou de l’État a été mise en évidence dans plusieurs affaires de stupéfiants de la JIRS de Paris, qui y est très vigilante».
Et de rappeler que «la procureure de Paris (Laure Beccuau) en a fait un sujet prioritaire». Clémence Girard salue enfin «la continuité d’action» entre le parquet de Paris et le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), créé en janvier 2026.