Dans le jardin de la maison d’accueil Françoise Seligmann, à deux pas de la Manufacture des tabacs, à Nantes, Solidair’été bat son plein en ce mercredi matin d’août. Les bénévoles de dix associations d’urgence sociale distribuent sourire, café et part de brioche aux personnes qui se présentent, mais aussi un panier-repas froid. C’est un accueil inconditionnel souligne Madeleine Richard, coordinatrice des acteurs de l’urgence sociale. On demande juste le prénom, l’âge, parce qu’on n’accueille pas de mineurs, et où ils ont dormi la nuit d’avant pour nos statistiques.

Une alliance inédite entre la Ville de Nantes et 11 associations

Ce projet est porté par onze associations (1) qui unissent leurs forces dans un même lieu et coordonné par le CCAS de la Ville de Nantes qui apporte la logistique. Les bénévoles et les professionnels ont une approche différente mais c’est la force du projet souligne Christophe Jouin, conseiller municipal chargé de la grande précarité. Travailler ensemble permet de partager des préoccupations et des inquiétudes, indique Madeleine Richard. Les bénéficiaires retrouvent aussi des visages connus, des bénévoles qu’ils voient dans l’année, dans les associations qu’ils fréquentent. On a vu au cours de l’été que cela apaisait les personnes les plus agitées.

Retrouver de la dignité autour d’un café et d’un sourire

Ismaël est de ceux-là : bénévole à la Cloche depuis quelques mois, où il participe à des maraudes, il retrouve des bénéficiaires qu’il connaît. On peut échanger dans le calme, avec le sourire. Ce cadre les rassure et ils se sentent valorisés de passer un moment de convivialité autour d’une table.

J’habite juste à côté, j’aime ce lieu où on peut se poser

— Geoff

Geoff, 51 ans d’origine irlandaise vient ici presque tous les jours prendre un café et retrouver des amis. Depuis qu’il a perdu son emploi de professeur de français langue étrangère à distance il y a un an et demi, ses conditions de vie sont plus difficiles : J’habite juste à côté, j’aime ce lieu où on peut se poser.

Eric et Ludo apprécient la tranquillité de Solidair’été. | PHOTO JULIE CHARRIER-JÉGO
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Eric et Ludo apprécient la tranquillité de Solidair’été. | PHOTO JULIE CHARRIER-JÉGO

Urgence sociale : un pic de fréquentation jamais atteint à Nantes

Eric, Ludo et Stéphane vivent à la rue depuis plusieurs années, ils sont venus tous les jours depuis l’ouverture du lieu : On fréquente beaucoup la Maison bleue à Rezé, mais l’été toutes les associations sont fermées, c’est plus difficile de manger le midi. Ici on apprécie de discuter tranquillement, sans violence, les bénévoles sont sympas.

La Ville de Nantes fait sa part pour l’urgence sociale, l’État doit faire la sienne.

— Christophe Jouin, conseiller municipal chargé de la grande précarité

Solidair’été a malheureusement battu des records de fréquentation cette année : Nous savons atteint un pic de 235 personnes accueillies entre 10 h et 12 h en juillet, alors que l’an dernier, on avait 170 personnes les jours les plus fréquentés note Christophe Jouin, conseiller municipal chargé de la grande précarité. 45 % des gens qui viennent sont en logement et 55 % sont des personnes à la rue, une proportion qui reste stable au fil des années. La ville de Nantes fait sa part pour l’urgence sociale, l’État doit faire la sienne tacle Christophe Jouin.

(1)Les onze associations sont les Restos du cœur, Les P’tits gilets, La Croix Rouge Française, Les Eaux Vives Emmaüs, Un Brin de Causette, Hom’Less, le Secours Catholique, l’Adra, l’Anef-Ferrer, À l’écoute de la rue et la Cloche.

Un guide l’urgence sociale

Le GUS ou guide de l’urgence sociale est édité depuis plusieurs années par la Ville de Nantes et il est mis à jour deux fois par an avant l’été et en novembre. Pour savoir où dormir, manger ou trouver un accueil en journée pendant l’été. Tiré à 30 000 exemplaires, il est disponible au CCAS de Nantes, mais aussi en ligne sur metropole.nantes.fr/urgence-sociale. « Le GUS nantais, comme nous l’appelons dans les services, est très apprécié. La métropole de Rennes réfléchit à faire la même chose. »Le guide a été travaillé avec les associations pour permettre à toutes celles et ceux qui en ont besoin de trouver facilement et rapidement des aides et des informations concrètes (horaires, lieux, services). Il donne aussi des conseils et des ressources pour faire face aux fortes chaleurs.