Communications sécurisées, transmissions de données, coordination des unités… Les satellites sont devenus un élément central des opérations militaires modernes grâce à leurs différents rôles stratégiques. La Russie compte d’ailleurs renforcer ses forces armées en poursuivant le développement de Rassvet, une constellation de satellites Internet. Si sa future arrivée représente une menace, il serait techniquement possible de les neutraliser.

Des armes anti-satellites ont d’ailleurs déjà été utilisées par le passé comme le rappelle Defense Express. Dans les années 1960, l’Union soviétique développait le programme Istrebitel Sputikov (« destructeur de satellites »). En 1968, le satellite intercepteur Kosmos-252 est parvenu à détruire une cible en orbite grâce à une ogive à fragmentation pour la première fois au monde.

Pourquoi la destruction de satellites ne semble plus envisageable aujourd’hui ?

Durant la période de l’Union soviétique, ce système reposait sur une logique considérable, entre des satellites de plusieurs tonnes et des radars capables de suivre des objets jusqu’à 3.000 kilomètres d’altitude. Aujourd’hui, l’Ukraine ne dispose pas d’une infrastructure comparable comme le souligne l’analyse du site spécialisé en politique de sécurité et de défense ukrainiennes. En outre, l’utilisation d’armes destructrices en orbite causerait la création de débris spatiaux.

C’est pourquoi les systèmes modernes privilégient des technologies beaucoup plus précises. Les États-Unis avaient notamment développé dès 1985 le missile antisatellite ASm-135 ASAT, lancé depuis un avion de chasse F-15. Contrairement aux anciennes ogives explosives, ce missile détruisait sa cible par impact direct (« hit-to-kill »), limitant la dispersion de fragments. Malgré cette évolution technologique, la neutralisation des constellations actuelles reste plus difficile compte tenu de leur structure.

Les anciens systèmes militaires reposaient sur quelques gros satellites dont la perte pouvait alors fortement perturber les communications. Les nouvelles générations fonctionnent au contraire grâce à des centaines d’appareils qui travaillent ensemble. Selon les objectifs russes cités par Defense Express, la constellation Rassvet devrait compter 288 satellites dans sa configuration minimale opérationnelle, avant d’atteindre 730 satellites une fois entièrement déployée.

La guerre électronique : une stratégie plus réaliste ?

Dans ces conditions, la destruction de quelques satellites aurait un effet limité sur l’ensemble du réseau. Une approche plus efficace consisterait alors à perturber directement les communications entre les satellites et leurs utilisateurs grâce à des systèmes de guerre électronique. Cela permettrait alors de brouiller les transmissions, sans pour autant créer de débris en orbite.

Mais selon le média spécialisé, la piste du ciblage des infrastructures terrestres indispensables au fonctionnement de la constellation s’apparenterait à une autre solution de défense. Cela inclut les stations de contrôle ou encore les centres de communications. Cette stratégie pourrait par ailleurs être celle engagée par l’Ukraine.