Le climat change et les canicules se multiplient. Nombreux sont les Lyonnais qui songent, en conséquence, à équiper leurs appartements d’un climatiseur. Ne voit-on pas fleurir, ici ou là, des unités extérieures sur des balcons et sur des toits ?

Un habitant du 6e  arrondissement de Lyon, bien décidé à vivre dans le frais l’été, a souhaité poser un climatiseur sur le toit de son immeuble. Il entend procéder dans le respect des règles d’urbanisme. Peut-être, sa copropriété aura-t-elle subordonné son propre accord – le toit étant une partie commune – à l’autorisation de la mairie de Lyon, ou plutôt à son absence de refus.

Ce riverain de la rue de Sèze dépose donc une « déclaration préalable de travaux » auprès du service de l’urbanisme de la Ville situé avenue Jean-Jaurès à Lyon (7e). Il a quelques arguments. « Le climatiseur ne sera visible ni de la rue, ni des parties communes », assure-t-il, tandis que les câbles et gaines transiteront dans un conduit de cheminée. Et puis, n’y a-t-il pas déjà autour de chez lui des climatiseurs sur des balcons ?

« Dénaturation de l’architecture de l’immeuble »

Sauf qu’en mars   2024, la mairie de Lyon s’oppose à la pose de l’équipement. Dans son arrêté municipal, Grégory Doucet, le maire écologiste de Lyon relève que l’immeuble rue de Sèze, fait partie du périmètre d’intérêt patrimonial « Quartier issu du Pont Morand », que la pose d’un climatiseur « dénature l’architecture de l’immeuble concerné » et qu’enfin, le plan local d’urbanisme et d’habitat (Plu-H) de la Métropole de Lyon prévoit que les équipements de fonctionnement nécessaires au bâti (chauffage, refroidissement, volets, descentes d’eaux pluviales) doivent « être intégrés à la construction sans émergence en façade ou alors avec une émergence réduite ».

Une intégration « dans l’enveloppe du bâtiment »

Le riverain attaque en justice l’arrêté de la ville de Lyon pour faire annuler ce refus. Las. Dans une décision rendue le 26 janvier 2026 que Le Progrès a pu consulter, le tribunal administratif de Lyon donne raison à la municipalité. Les juges s’appuient sur la règle imposant « l’intégration des ouvrages de production d’énergie, comme la pompe à chaleur en litige, dans l’enveloppe du bâtiment ». Le fait que l’unité extérieure est « visible ou non depuis l’espace public », « importe peu » selon les magistrats administratifs.

Quant à l’existence de plusieurs climatiseurs posés sur des balcons alentour, eh bien, c’est sans « incidence sur la légalité du refus » opposé par la ville de Lyon.