Un arrêté publié au Journal officiel marque une nouvelle étape pour la logistique urbaine, rapporte l’AFP. La France devient en effet l’un des premiers pays européens à encadrer officiellement la mise en circulation sur la chaussée de robots livreurs de grand gabarit sans présence humaine à bord.

Intégrés à la catégorie L de véhicules (aux côtés des cyclomoteurs et quads), ces engins électriques pourront mesurer jusqu’à 4 mètres de long et transporter une charge utile allant jusqu’à 1000 kg sur plusieurs dizaines de kilomètres.

« De format compact, électriques et conçus pour effectuer des trajets de courte distance, ces robots contribueront à développer une logistique urbaine, notamment du “dernier kilomètre”, plus propre, plus silencieuse et plus efficace », assure le Ministère des Transports.

Contrairement aux usages sur trottoir observés outre-Atlantique, le texte français impose une circulation sur la chaussée, sous la responsabilité des collectivités locales pour la définition des itinéraires. Et la supervision à distance reste obligatoire.

De la téléopération à l’IA embarquée : le saut technologique

Cette évolution réglementaire coïncide avec une transformation profonde des architectures techniques. Car historiquement, les robots livreurs reposait sur une autonomie de façade, fonctionnant via une téléopération humaine déportée. Et opérée souvent depuis l’Inde !

Des acteurs majeurs du secteur comme la start-up Coco Robotics ont longtemps appuyé leur flotte sur des pilotes distants avant d’entamer tout récemment une transition vers l’intelligence artificielle autonome.

Grâce à une levée de fonds de 80 millions de dollars soutenue notamment par Sam Altman, l’entreprise déploie en effet désormais sa nouvelle génération de véhicules. Embarquant des puces Nvidia, des capteurs Lidar et des modèles développés en partenariat avec OpenAI, ces robots franchissent le pas vers une autonomie décisionnelle complète pour naviguer dans des environnements urbains complexes.