À Ceuta (Espagne), plusieurs milliers de manifestants se sont réunis ce dimanche afin de protester contre la gestion de la crise migratoire par le gouvernement. Cette mobilisation s’inscrit dans une série de protestations similaires ces dernières années en Europe.

Ils sont venus rappeler que Ceuta est l’Europe. Ce dimanche 9 août, plusieurs milliers de manifestants sont descendus dans les rues de l’enclave espagnole afin d’exprimer leur colère face à la gestion de la crise migratoire par Madrid.

Plus de 70.000 migrants ont traversé la frontière depuis le Maroc les 30 et 31 juillet derniers, provoquant des scènes de chaos dans l’enclave espagnole. Certains commerces ont même été visés par des tentavies de pillage. Cette mobilisation contre l’immigration massive s’inscrit toutefois dans un mouvement plus large observé depuis plusieurs années à travers l’Europe.

L’exemple le plus récent remonte à Thetford, dans l’est de l’Angleterre, où plusieurs jours de manifestations anti-immigration ont dégénéré. Des policiers ont été agressés et des logements accueillant des migrants ont été attaqués. 

Le 16 mai dernier, des dizaines de milliers de Britanniques avaient également battu le pavé à Londres. Drapeaux nationaux en main, ils dénonçaient une immigration jugée trop importante. Des rassemblements de ce type se répètent régulièrement au Royaume-Uni. En septembre 2025, plus de 110.000 personnes s’étaient déjà mobilisées sur cette question.

«Je suis ici pour participer à quelque chose qui montre que nous ne sommes pas des racistes intolérants, simplement parce que nous sommes patriotes envers notre pays, pour brandir le drapeau et essayer d’unir le pays plutôt que de le diviser», expliquait l’un des manifestants.

une «pression sur tous les domaines»

Le 9 juin dernier, en Irlande du Nord cette fois, une manifestation contre l’immigration avait aussi dégénéré après que des manifestants en colère ont incendié des bâtiments et des véhicules au lendemain d’une agression au couteau mettant en cause un réfugié soudanais.

En octobre 2025 à Amsterdam (Pays-Bas), plusieurs centaines de personnes s’étaient également réunies pour protester contre une immigration jugée trop massive.

Selon plusieurs Hollandais présents dans le cortège ce jour-là, le phénomène exerce une «pression sur tous les domaines» aux Pays-Bas, se traduisant par un manque de logements, une perte de qualité dans les soins de santé ou l’éducation.

Et concernant l’Espagne, avant Ceuta, en octobre 2024, à Las Palmas, aux Canaries, plusieurs milliers de personnes avaient manifesté, là encore, pour dénoncer l’immigration massive illégale et invoquant les mêmes motifs.