Par

Antoine Blanchet

Publié le

11 août 2026 à 7h00

Une situation qui préoccupe depuis plusieurs mois. Au niveau du très passant boulevard Bonne Nouvelle à Paris, l’insécurité semble s’être développée dans les rues avoisinantes. En cause : la présence accrue de toxicomanes usagers de crack ces derniers mois. Si la mairie du 10e arrondissement assure avoir pris de récentes mesures, l’inquiétude est toujours de mise chez les habitants, qui se sont organisés au sein d’un collectif.

Fin de chantier, début des violences

Il faut dire que la question de la toxicomanie n’est pas nouvelle dans le quartier. « Dans les années 2000, c’était déjà un lieu de consommation d’héroïne », nous explique Lionel, membre actif du Collectif Bonne Nouvelle. Depuis plusieurs années, des usagers de crack étaient aussi présents dans la station de métro éponyme.

Pendant trois ans, la situation s’était sensiblement améliorée, du fait de travaux au niveau de l’ancienne Poste sur le boulevard. « Le chantier avait généré moins de présence de consommateurs de drogue. Il s’est terminé il y a quelques mois et il y a eu une recrudescence de signalements d’usagers de drogue et de nuisances », reconnaît Raphaël Bonnier, adjoint chargé à la sécurité du 10ᵉ arrondissement. Une situation qui pourrait aussi être liée aux interventions répétées de la police durant l’automne dans le quartier des Halles, où la consommation de crack avait fortement augmenté. Les consommateurs pourraient s’être déplacés dans le 10e. 

Un lieu de consommation de crack à ciel ouvert

Depuis, la situation est devenue invivable pour les habitants du quartier. « Il y a une consommation de drogue assumée. Je me suis fait tabasser deux fois, en octobre 2025, puis en juin 2026 », témoigne Lionel. Selon les riverains, ils seraient entre 20 et 30 consommateurs de crack à errer sur la zone comprenant la rue de Mazagran, la rue d’Hauteville, la rue de l’Échiquier et l’impasse Bonne Nouvelle. « Ce sont des gens qui ont envie de se défoncer entre eux. Plusieurs fois par jour, les dealers passent », poursuit Lionel.

La consommation engendre des violences. Certains toxicomanes se battent entre eux, parfois à l’arme blanche. « Il y a des portes dégradées et des intrusions dans les cours d’immeuble. Il y a même eu un viol d’une femme toxicomane en plein après-midi. Les images ont été relayées sur le collectif d’habitants », égrène Bertil Fort, élu d’opposition dans le 10ᵉ arrondissement. Ce dernier s’est fendu début juillet d’un communiqué dénonçant l’absence d’évolution de la situation. « C’est en train de déraper complètement », affirme-t-il.

Une stratégie à court et moyen terme

Le 10 juin, la maire (PS) de l’arrondissement, Alexandra Cordebard, est venue à la rencontre des riverains pour échanger. Plus de 60 d’entre eux étaient présents. Les habitants ont demandé des mesures fortes pour retrouver le calme dans le quartier. Du côté de la municipalité, on affirme avoir renforcé la présence policière. « Depuis juin, les policiers municipaux sont passés à 50 reprises dans la zone. Il y a eu au total 215 évictions mises en place, dont 116 depuis début juin », énumère Raphaël Bonnier. Selon l’élu à la sécurité, la police nationale aurait aussi amplifié ses rondes.

Des mesures à long terme sont aussi envisagées. « L’idée, ça serait d’investir l’espace. Nous avons plusieurs pistes. Notamment la création d’une association de commerçants et de riverains et d’organiser des évènements comme à Noël, par exemple. Ce qu’il faut pour que ça fonctionne, c’est de créer des occupations positives », affirme la municipalité.

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