Par

Hervé Pavageau

Publié le

11 août 2026 à 8h57

Les vignerons qui font de la vente directe ont (pratiquement) tous une cuvée dans la gamme.

Dans le pays du muscadet, appellation qui fête ses 90 ans cette année, la bulle nantaise se développe et pétille.

La production représente aujourd’hui entre 10 000 et 15 000 hectolitres.

Un volume en progression qui répond à une demande croissante des consommateurs pour les vins à bulles.

Tous les vignerons disent que, globalement, la bulle, ça marche.

La Fédération des vins de Nantes

Organisation professionnelle qui veut structurer et mieux valoriser cette famille de produits de plus en plus enracinée dans le Nantais.

L’enjeu pour la profession est d’obtenir une appellation d’origine contrôlée, ce qui serait un signe de reconnaissance officielle de la production de vins effervescents dans le Vignoble nantais.

Il y a un savoir-faire, une antériorité, un volume.

Christophe Vilain, président de la Fédération

Actuellement commercialisées sous des dénominations génériques, ces cuvées se contentent de l’étiquette « Vin de France », ce qui impose des contraintes marketing plus restrictives.

« Sur ma propre cuvée, je n’ai pas le droit de mentionner le nom du domaine de manière explicite », cite, à titre d’exemple, le vigneron du Loroux-Bottereau, qui doit se contenter d’une mention discrète en bas de l’étiquette.

Un nom et un cahier des charges

L’enjeu de l’AOC est donc double : la reconnaissance de la qualité et la transparence géographique.

Cela permettra de savoir d’où vient cette bulle. Le vigneron pourra mettre sur l’étiquette son nom, son adresse.

Christophe Vilain, président de la fédération des vins de Nantes

Cette reconnaissance officielle permettrait également d’ouvrir de nouveaux marchés, notamment ceux de la grande distribution et de l’export, qui privilégient les vins sous appellation.

Lancé il y a une petite dizaine d’années, le dossier « Bulles nantaises » pourrait s’accélérer et être remis à la table des discussions lors des prochaines réunions de cantons, à l’automne 2026.

C’est en tout cas la volonté des représentants de la famille des vignerons, appelés à de nouvelles élections à l’automne prochain.

« Ça peut se faire sous deux ans, peut-être », reconnaît Christophe Vilain, précisant que l’INAO (Institut National des Appellations d’Origine) est prête à accompagner la filière pour faire aboutir le dossier.

Reste deux conditions à cela : trouver un nom et écrire un cahier des charges pour la bulle nantaise. Sur le plan technique, le futur cahier des charges s’appuiera sur l’identité du territoire : la zone de production sera strictement limitée à la zone déjà classée en AOC. Le Melon B, cépage du muscadet, sera au cœur du produit.

À noter enfin que si le Vignoble nantais mise sur sa propre identité, il ne s’interdit pas d’autres voies.

La porte vers l’appellation Crémant de Loire, qui a récemment rouvert son cahier des charges, n’est pas totalement fermée.

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