Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait « très bonne », après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza. Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L’armée israélienne « n’effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé », a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d’extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de « plus grand ami (d’Israël) à la Maison Blanche », tout en faisant comprendre qu’il était prêt à lui tenir tête : « Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d’autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions. »

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps. Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d’un cessez-le-feu avec l’Iran.

La Colombie reconnaît l’annexion israélienne du plateau du Golan

Le nouveau gouvernement colombien, de droite dure, a reconnu lundi l’annexion du plateau du Golan par Israël, qui s’est emparé de la majeure partie de ce territoire en 1967 au détriment de la Syrie. Les États-Unis étaient jusque-là les seuls à reconnaître l’annexion par Israël, en 1981, des zones sous son contrôle.

« Le gouvernement de Colombie reconnaît la souveraineté israélienne sur ce territoire, de même que le droit de cet État à se protéger des menaces extérieures », a annoncé le ministère des Affaires étrangères colombien dans un communiqué sur X. Pour les Nations unies, le plateau du Golan reste un territoire syrien sous occupation militaire israélienne.

Le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a remercié son « bon ami » Abelardo de la Espriella, le nouveau président colombien, pour cette décision. Il avait d’ailleurs assisté vendredi à sa prestation de serment. M. de la Espriella souhaite déplacer l’ambassade colombienne en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, et rétablir les relations diplomatiques rompues par son prédécesseur de gauche Gustavo Petro.

Durant sa campagne, il avait promis des liens plus forts avec Israël et les États-Unis, recevant le soutien de son homologue américain Donald Trump.

Après le sommet de l’Otan, Trump a secrètement changé d’avion

Alors qu’il était censé se trouver à bord d’Air Force One, Donald Trump a secrètement utilisé un autre avion pour quitter le sommet de l’Otan en Turquie début juillet en raison de menaces iraniennes, a rapporté lundi le Washington Post.

Le voyage retour du président américain avait déjà été marqué par un changement de dernière minute : Donald Trump n’avait pas repris le Boeing 747 qui l’avait amené en Turquie, des inquiétudes sur la sécurité entourant ce nouveau modèle d’Air Force One, un cadeau du Qatar, ayant été émises.

Citant un responsable américain anonyme, le Washington Post révèle désormais que, plutôt que d’utiliser l’ancien modèle de jet présidentiel, comme annoncé officiellement, après y être monté à bord sous l’œil des caméras, M. Trump aurait été secrètement débarqué dans un camion pour emprunter un avion plus petit.

Une fois arrivé au Royaume-Uni, il aurait alors retrouvé l’équipe de la Maison Blanche et les journalistes le suivant pour finir le trajet retour jusqu’aux États-Unis à bord de l’avion offert par le Qatar.

Selon le Washington Post, de telles précautions auraient été prises en raison de menaces de l’Iran, pays frontalier de la Turquie, contre le président américain. Si Donald Trump a nié tout risque dans un premier temps, il avait fait référence à de supposées tentatives d’assassinat durant le vol retour.

« Il y a beaucoup d’ennemis des États-Unis qui l’ont dans le viseur, et nous utilisons tous les outils à notre disposition pour faire face à ces menaces », a déclaré le directeur de la communication de la Maison Blanche, Steven Cheung, dans un communiqué transmis à l’AFP.

Les journalistes présents dans Air Force One avaient d’ailleurs reçu la consigne, normalement réservée aux zones de guerre, de garder les stores des hublots baissés.

Des premières inquiétudes avaient été émises à propos de l’avion offert par le Qatar et que Donald Trump avait aménagé en nouvel Air Force One, qui n’était pas équipé des mêmes systèmes de sécurité que ses prédécesseurs, d’après le New York Times.

Trump va réclamer des « compensations » à l’Iran

Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les États-Unis allaient réclamer des « compensations » pour des attaques menées par l’Iran depuis des décennies contre des adversaires à l’étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite « fermement » dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d’Ormuz au versement de réparations américaines.

L’Iran « demande des compensations pour les dommages qu’ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire », a écrit Donald Trump, « bien que cela n’ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions. »

« Mais c’est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l’Iran, pour tous les gens qu’ils ont tués et blessés » dans des attaques et « conflits », dont « les familles de ceux tués sur l’USS Cole », un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que « des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l’Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52 000 tués ces cinq derniers mois ».

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l’Iran devait être tenu « responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza ».

Ces nouvelles exigences de l’imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d’Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l’Iran exige de son côté l’acceptation par Washington de « toutes » ses conditions.

Téhéran juge que les États-Unis doivent « mettre fin définitivement à la guerre et à l’agression » contre l’Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, « indemniser intégralement l’Iran pour les dommages causés » par les hostilités, lever les sanctions contre l’économie et débloquer « sans condition » les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu’il n’avait besoin d’engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu’il lui suffisait d’« observer » les difficultés économiques de l’Iran.

Le pétrole monte avec des exigences divergentes de l’Iran et des États-Unis sur Ormuz

Les cours du pétrole sont en hausse lundi, le marché faisant face à de nombreuses incertitudes sur les discussions pour l’ouverture du détroit d’Ormuz avec des exigences divergentes entre l’Iran et les États-Unis. Vers 09 h 05 GMT (11 h 05 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, prenait 1,05 % à 84,43 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 1,01 % à 78,97 dollars. Le détroit d’Ormuz, passage essentiel pour le commerce d’hydrocarbures, restera verrouillé tant que Washington n’acceptera pas « toutes » les conditions posées par Téhéran, ont insisté dimanche les Gardiens de la Révolution.

Les conditions listées samedi par Téhéran pourraient mener au bras de fer : les États-Unis doivent « mettre fin définitivement à la guerre et à l’agression » contre l’Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, « indemniser intégralement l’Iran pour les dommages causés » par les hostilités, lever les sanctions contre l’économie et débloquer « sans condition » les avoirs iraniens gelés.

« Bon nombre de ces exigences sont clairement inacceptables pour les États-Unis » car elles « rendent difficile pour Trump de sortir du conflit sans donner l’impression d’avoir perdu la guerre », explique Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

« Ça va s’arranger. Ça finit toujours par s’arranger », a estimé le président américain, qui a multiplié les déclarations contradictoires sur le conflit. « C’est comme une partie d’échecs », a-t-il ajouté auprès du média Axios.

Il a également assuré qu’avec une « inflation galopante » et une économie « en très mauvais état », l’Iran risquait de ne plus pouvoir payer ses troupes. Mais « l’Iran estime vraisemblablement que le temps joue en sa faveur […] étant donné que la hausse des prix du pétrole est impopulaire aux États-Unis à l’approche des élections de mi-mandat », prévues début novembre, fait valoir M. Rasmussen.

Dans ce contexte, même les progrès revendiqués par Téhéran avec Oman pour tracer un futur itinéraire de passage dans le détroit d’Ormuz ne rassurent plus les investisseurs. Le marché se montrant à nouveau sceptique sur une fin rapide du conflit.

Le gaz européen (souvent plus volatil que le pétrole) monte plus fortement, dopé par de vives inquiétudes sur le réassort des stocks en Europe avant l’hiver. Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne du gaz, gagnait 5,11 %, à 58,39 € le mégawattheure.

Iran : le guide suprême nomme un général des Gardiens à la tête des forces armées

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a nommé un général des Gardiens de la Révolution, Ali Abdollahi, chef d’état-major des forces armées iraniennes, a annoncé lundi son bureau dans un communiqué. « Au vu de vos services méritoires et de votre précieuse expérience, je vous nomme chef d’état-major des forces armées », a indiqué le guide suprême dans un décret adressé à M. Abdollahi.

Cet officier des Gardiens de la Révolution, la puissante armée idéologique de la République islamique, commandait auparavant le quartier général central Khatam al-Anbiya, une structure interarmées de premier plan chargée de superviser et de coordonner les opérations militaires.

Début août, M. Abdollahi a accusé les États-Unis de favoriser l’« escalade des tensions » dans la guerre au Moyen-Orient, et mis en garde les alliés de Washington dans la région, leur demandant de « reconsidérer leur coopération ».

Cette nomination et celles de plusieurs autres hauts responsables des forces armées, sont les premières auxquelles a procédé l’ayatollah Khamenei, depuis qu’il a succédé en mars à son père Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran, le 28 février.

Cela devrait permettre à Mojtaba Khamenei, absent de la scène publique depuis son élection, de renforcer son contrôle sur les principaux organes de pouvoir en Iran. De nombreux responsables militaires iraniens ont été tués pendant la guerre déclenchée par l’attaque du 28 février.

Le guide suprême a également officiellement nommé le général Ahmad Vahidi au commandement en chef des Gardiens de la Révolution, après que cette désignation a été annoncée par les médias iraniens. Selon les décrets rendus publics, il a aussi confié le commandement de la marine des Gardiens à l’amiral Ali Ozamaï, et la direction de l’organisation Bassidj, une branche paramilitaire des Gardiens, à Hossein Taeb.

Blessé fin février dans la frappe ayant tué son père, Mojtaba Khamenei n’a depuis jamais été vu en public et ne s’exprime que par des communiqués qui lui sont attribués. Cette discrétion, en plein conflit régional, a suscité des spéculations sur ses relations avec d’autres hauts responsables iraniens.

Un protocole d’accord a été signé mi-juin par Téhéran et Washington pour mettre fin au conflit, qui a fait des milliers de morts en Iran, mais il a volé en éclats début juillet avec la reprise des hostilités. Les bombardements américains ont toutefois cessé depuis plus d’une semaine, Donald Trump conditionnant cette accalmie à la conclusion d’un accord rapide.