Une famille de serial killers à Toulon ? Dans la préfecture du Var, un foyer se retrouve au cœur d’une enquête pour traite d’êtres humains, séquestrations et meurtres après la disparition de deux militaires originaires du Pacifique, rapporte Le Parisien.
Selon les communiqués du parquet de Toulon, les deux hommes, âgés de 29 et 38 ans, avaient disparu respectivement en 2022 et 2023. Les expertises réalisées sur des ossements découverts dans les Bouches-du-Rhône ont confirmé, le 27 juillet, qu’il s’agissait bien d’eux.
D’après le parquet, les enquêteurs ont établi que les deux hommes avaient été hébergés par la même famille, qui avait également accueilli plusieurs jeunes militaires ultramarins entre 2011 et 2023. Sept d’entre eux affirment avoir été progressivement dépouillés de leurs moyens de paiement et de leurs papiers, violentés et séquestrés. Le parquet avait lancé en juillet un appel à témoins pour identifier d’éventuelles autres victimes.
Cinq membres de la famille mis en examen
Le Parisien rapporte que les investigations ont conduit au placement en garde à vue des membres de la famille le 26 mai, pendant 96 heures. Le 29 mai, cinq d’entre eux – les parents, deux fils et une fille – ont été mis en examen, notamment pour traite des êtres humains en bande organisée et séquestrations. La mère et ses deux fils sont également mis en examen pour les meurtres des deux militaires. Ils sont tous les cinq en détention provisoire. Une autre fille est poursuivie pour non-dénonciation de crimes et placée sous contrôle judiciaire, selon le parquet.
L’un des fils aurait reconnu avoir tué les deux hommes et indiqué aux enquêteurs où leurs corps avaient été dissimulés. Le quotidien évoque également des témoignages faisant état de violences et de pressions exercées par la famille, notamment dans un bar toulonnais fréquenté par des militaires originaires du Pacifique. Les enquêteurs examinent d’autres affaires potentiellement liées à la famille, dont la mort suspecte d’un homme de 69 ans retrouvé à Fréjus en 2022. À ce stade, aucune mise en cause n’est toutefois établie dans cette affaire. Le parquet de Toulon souligne que les investigations se poursuivent sous l’autorité du juge d’instruction et maintient son appel à témoins.