Étienne Bernard ne sera pas réintégré. Au terme d’une procédure disciplinaire, l’ancien directeur du Fonds régional d’art contemporain en Bretagne a été révoqué par le conseil d’administration en mai 2026 pour faute grave. Une décision que l’intéressé entendait faire suspendre en saisissant le tribunal administratif de Rennes. Sans succès : sa requête a été rejetée fin juillet.
L’homme s’est retrouvé dans l’œil du cyclone après un témoignage anonyme de viol sur le compte Instagram « Me too art contemporain » et des tags sur la façade du bâtiment, fin novembre 2025. Face à la gravité des faits allégués, le conseil d’administration avait missionné un cabinet pour mener une enquête interne. Résultat, selon le CA : les témoignages recueillis auprès des agents ont mis en évidence une « posture non professionnelle et surplombante », « des propos et comportements sexistes, discriminatoires et injurieux », dont certains à « connotation sexuelle » et des faits relevant « d’agressions sexistes et sexuelles ». En parallèle de la procédure disciplinaire, le procureur de la République a également été alerté, entraînant l’ouverture d’une enquête pénale.
Une réintégration impossible, selon le Frac
Des faits que l’ex-directeur, aux manettes depuis 2019, dément en bloc. Devant le tribunal administratif, il dénonçait une procédure disciplinaire menée à charge. Étienne Bernard faisait également valoir que son licenciement le privait de sa seule source de revenus et portait atteinte à ses chances de retrouver un emploi dans le domaine de la culture. Il demandait donc à être réintégré provisoirement. Il se disait prêt à quitter ensuite de lui-même ses fonctions, à condition que les poursuites disciplinaires soient abandonnées.
Des arguments qui n’ont visiblement pas convaincu le juge. Dans son ordonnance, ce dernier estime qu’Étienne Bernard a droit au chômage et n’est pas privé de ressources. Le tribunal donne également raison au Frac qui faisait valoir que sa réintégration était impossible sans porter atteinte au bon fonctionnement de l’institution, de nombreux salariés ayant témoigné contre leur supérieur. L’affaire n’est cependant pas terminée : le tribunal administratif doit encore se prononcer sur le fond du dossier et la légalité de sa révocation. Quant à l’enquête pénale, elle suit son cours.