Quels sont vos souvenirs les plus marquants de vos « jobs d’été » ? Patrick L. (Vendée) a répondu à notre appel à témoignages, dans le cadre de notre rubrique « Courrier des lectrices et des lecteurs ». Voici son récit…
« C’était au début des années 80… J’avais 19 ans. J’avais intégré la fac de Droit de Nantes (Loire-Atlantique) et il fallait que je trouve du travail l’été pour financer une partie de mon année universitaire. Mes parents aux revenus modestes faisaient déjà beaucoup.
Je n’habitais pas très loin de la côte vendéenne, ce qui était un gros avantage pour travailler l’été. Ma mémoire me fait un peu défaut. Je ne me souviens pas très bien comment je me suis retrouvé à être embauché dans un camping.
Mon rôle consistait le matin, tous les jours de la semaine et de très bonne heure, à nettoyer les sanitaires et ce pendant au moins deux heures. Ce travail terminé, j’avais droit à un excellent petit-déjeuner avant de me rendre dans l’épicerie du camping afin d’aider la patronne à gérer ce petit point de vente.
« La patronne pouvait boire un litre de porto cul sec par jour »
Très vite, les patrons ont compris que je me débrouillais assez bien et m’ont fait confiance en me laissant, seul, gérer cette épicerie. Cela permettait à la patronne qui pouvait boire un litre de porto cul sec par jour de se reposer….
C’est ainsi que pendant plusieurs années, durant les mois de juillet et d’août, dans cette commune de Vendée, je servais les campeurs habillés souvent en simple maillot de bain. Ils venaient acheter des fruits, des légumes, du lait et tout ce qu’il fallait pour les inévitables apéros…
J’étais jeune, à peine 20 ans, cette proximité m’a fait découvrir la vraie nature humaine. On venait à l’épicerie, certes, pour acheter ce dont on avait besoin. Mais surtout pour parler, critiquer, discuter, raconter ce qui était arrivé depuis l’été dernier. Pour le jeune homme que j’étais, qui passait 10 mois par an la tête plongée dans la jurisprudence du Conseil d’État, c’était une leçon de vie. L’épicerie devenait le bar PMU de l’été ou tout se disait pour soulager sa conscience […]
Aussi, lorsque mes enfants étaient jeunes et que nous partions en vacances dans des campings qui ont, d’ailleurs, considérablement évolué depuis cette époque, je ne pouvais m’empêcher de penser avec nostalgie à cette époque heureuse de ma jeunesse. »
Et vous, avez-vous gardé des souvenirs insolites, émouvants ou révoltants d’un job d’été ? Racontez-nous via notre formulaire ci-dessus ou par courriel à courrierdeslecteurs@ouest-france.fr