Pas de publicité ni d’affichage dans les rues, les habitants de l’agglomération toulousaine ne connaissent pas son nom. Déployé dans les 37 communes de la métropole, son réseau de fibre optique de plus de 1 700 km connecte pourtant les CHU, les écoles et collèges, les différentes collectivités locales et quelque 2 000 entreprises du territoire dont Airbus et le Cnes.
Société publique locale (SPL), Zefil peut être considérée comme un exemple de Réseau d’initiative publique (RIP) réussi. Son histoire remonte au début des années 2000 quand Toulouse Métropole fait le choix, audacieux à l’époque, de construire son propre réseau télécom afin d’assurer l’aménagement numérique de son territoire.
« Très peu de communes françaises ont osé saisir cette opportunité, car le chantier est techniquement complexe et financièrement lourd », rappelle Le Journal Toulousain qui estime que « Toulouse est la seule ville de France avec un réseau télécom 100 % public ».
Opérateur d’opérateurs
Sa spécificité première tient à son positionnement : Zefil ne commercialise pas directement de services aux entreprises ou aux particuliers. « Opérateur d’opérateurs », la société met son infrastructure à disposition de plus de quarante opérateurs télécoms dont Orange, Bouygues, Free, SFR et des acteurs régionaux.
Assurant la maintenance et l’évolutivité de son infrastructure, Zefil met à leur disposition des débits garantis et symétriques de 4 Mbps à 10 Gbps, avec une disponibilité de réseau contractuelle de 99,85 % et une garantie de temps de rétablissement (GTR) de 4 heures grâce à son centre d’opérations réseau actif en 24/7.
Avec la fibre noire (FON), l’opérateur tiers peut installer ses propres équipements de transmission. Zefil propose aussi un service d’hébergement en datacenter pour stocker des données avec des accès à des locaux techniques sécurisés répartis sur les 37 communes de la métropole.
Un RIP rentable
Alors que de nombreux RIP se trouvent dans des situations financières délicates, avec des coûts d’exploitation et de complétude du réseau plus élevés que prévu, Zefil est, elle, rentable.
Détenue à 74,5 % par la métropole, 15,5 % par les communes et à 10 % par la ville, la société appartient à ses actionnaires et non à un organisme privé.
« Sans subventions de fonctionnement, elle génère près de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, dégage entre 900 000 et 1 million d’euros de marge et réinvestit chaque année entre 600 000 et 1 millions d’euros dans le développement de son réseau et l’innovation », estime La Gazette du Midi.
Mode de gouvernance atypique
Le mode de gouvernance est également atypique. Les 31 communes qui, en décembre 2023 sont entrées à son capital, sont représentées en assemblée spéciale dans le conseil d’administration de Zefil. Elles peuvent ainsi mieux orienter les projets en fonction de leurs priorités locales.
Pas besoin de lancer d’appel d’offres, les procédures administratives sont simplifiées.
La notion de Groupe fermé d’utilisateurs (GFU) permet, par ailleurs; de transformer le réseau en une solution autonome de communication et de centraliser les ressources télécoms et IT au sein d’un cercle fermé de collectivités. Ce qui leur permet de faire des économies en mutualisant les abonnement et en abandonnant les serveurs en propre et les liaisons VPN MPLS.
Première ville avec un métro couvert en 4G
Son actionnariat n’empêche pas Zefil d’innover. Toulouse a été la première ville française à offrir une couverture 4G complète dans son métro. Dans le cadre du projet européen HI5 « High Connectivity via 5G », la métropole propose des réseaux de 5G privée pour des sites à forte densité comme le parc des expositions ou réservés aux services de secours.
La technologie RTK (Real Time Kinematic) autorise, par ailleurs, un géolocalisation précisée de l’ordre du centimètre explique Mid e-news.
Ce qui ouvre la voie à des solutions dédiées à la ville intelligente (smart city) pour renforcer la sécurité avec le réseau de caméras de vidéoprotection, pour fluidifier la circulation en connectant des feux tricolores ou pour gérer des places de parking.
Crédit : visuel généré par IA, Microsoft Copilot