Le groupe Meta revient sur le banc des accusés pour la deuxième fois en moins d’un mois. Et cette fois, c’est devant un tribunal fédéral : une première pour le géant américain.
Le procès s’ouvre ce mercredi 12 août avec la sélection du jury qui n’aura toutefois qu’un rôle consultatif puisque c’est la juge Yvonne Gonzalez Rogers qui fixera les éventuelles pénalités et mesures de remédiation. Les débats commenceront le 18 août pour 6 semaines. Et le témoignage de Mark Zuckerberg est très attendu, comme le raconte notre correspondante RFI à New York, Loubna Anaki.
Les « Facebook Files » à l’origine de l’affaire
Cette procédure est le résultat de plusieurs années d’enquêtes à la suite des révélations d’une ex-employée de Meta, Frances Haugen. Elle avait fait fuiter des milliers de documents internes, les « Facebook Files », montrant notamment que l’entreprise était bien au courant des dégâts et risques de ses réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents tout en niant cette réalité en public.
Ce procès mené par les procureurs généraux de Californie, du Colorado, du Kentucky et du New Jersey n’est pas le premier du genre contre Meta. Les plaignants accusent Meta d’avoir violé leurs lois de protection des consommateurs et une loi fédérale sur les données des enfants (COPPA), avec des fonctionnalités conçues pour retenir les mineurs: comme le défilement infini, les notifications nocturnes, les « likes ». C’est donc la conception des applications qui est attaquée, pas ce qu’on y publie. Le groupe devrait faire valoir que la santé des jeunes ne peut être imputée à une seule application et que « l’usage problématique » des réseaux sociaux n’est pas une addiction médicalement reconnue.
Meta déjà condamné deux fois en 2026
La maison mère de Facebook et Instagram a déjà été condamnée. La semaine dernière, un tribunal du Nouveau-Mexique avait ordonné à Meta de verser 567 millions de dollars et de modifier la façon dont ses plateformes fonctionnent pour les utilisateurs mineurs dans cet État américain, jugeant le groupe technologique responsable de nuire à la santé mentale des jeunes. Et en mars dernier, un jury de Los Angeles avait, pour la première fois, jugé Meta et YouTube responsables des effets de l’addiction à leurs plateformes sur une adolescente. Mark Zuckerberg, avait également été appelé à la barre au procès.
Mais cette fois l’enjeu est immense. Les procureurs réclament 1400 milliards de dollars, l’équivalent de la capitalisation boursière de Meta. Et le groupe fait face à des milliers d’autres procès similaires. Le verdict dans ce procès est attendu début octobre 2026.