Le soleil a rendez-vous avec la lune ce mercredi 12 août à partir de 19 h 15 environ avec un pic attendu à 20 h 25. Un spectacle à ne pas manquer. On vous explique comment en profiter tout en sécurité.
Soleil noir au-dessus de Montpellier. Ce 12 août la ville, à l’instar d’une partie du continent européen, sera aux premières loges pour suivre l’éclipse solaire prévue en début de soirée (elle doit débuter vers 19 h 20). Un phénomène aussi beau que rare puisque le dernier phénomène identique observable depuis le sud de la France remonte au mois d’août 1999 (le 11 pour être précis).
« Elle sera totale en Espagne. Ici, à Montpellier, elle devrait atteindre 96 % d’obscuration. Il s‘agit du diamètre occulté par comparaison avec celui du soleil. C’est ce qui définit la grandeur de l’éclipse », précise le Gardois Jean-Michel Faidit, docteur en histoire de l’astronomie et écrivain scientifique
Prochaine observation ? « Pas avant 2160 à Montpellier »
Et l’homme de science de poursuivre plus avant : « Mais il y a une différence avec la précédente. Car il y a vingt-sept ans, l’éclipse passait au Nord de la France. Mais finalement, le rapport était kif-kif à Montpellier où ne restait qu’un croissant de soleil ».
Voilà donc un moment d’observation exceptionnel offert par pour cette observation circumterrestre.
Et pour cause : « Le prochain phénomène identique passant par Montpellier ne se produira pas avant l’an 2160. Cette année-là, elle sera visible le 4 juin. Entretemps, en 2082, il y aura une éclipse annulaire », précise-t-il. Des données issues d’un tableau ad hoc répertoriant tous ces phénomènes jusqu’en l’an trois mille.
Des milliers de lunettes concentrées vers le Nord… Pour rien !
Mais outre l’aspect visuel de la chose, ce type de fait produit-il d’autres impacts ? « Il est médiatique et sociétal, c’est tout ! Et par rapport au souvenir que j’ai de celle de 1999, on parle très peu de celle-ci. Il y a bien quelques articles par-ci, par-là mais c’est tout. D’ailleurs en 1999, j’avais lancé une alerte dans le quotidien Libération. Car le gouvernement de l’époque avait concentré toutes les lunettes sur le Nord de la France où l’éclipse était censée être la plus visible. Or, trois à quatre jours avant on voyait que le ciel serait bouché. Alors que, dans le Sud, il y avait une pénurie de lunettes. Et sur les plages au mois d’août, les vacanciers n’ont rien à faire d’autre que de regarder ce genre de phénomène. Beaucoup de gens l’ont ainsi observé avec tout et rien d’autre que de dangereux bricolages ! », se souvient Jean-Michel Faidit.
Branle-bas de combat dans l’ancienne capitale régionale ! « Nous avons alors tenu une réunion avec la préfecture qui s’était débrouillée pour avoir des paires de lunettes à distribuer via les postes de secours sur les plages. C’était bien organisé », se remémore-t-il.
Où il est aussi question de météores
Autre phénomène céleste : celui relatif aux météorites. Dont certaines ont fini leur course interstellaire dans le sol du département. « L’une est tombée à Noël 1959 à Saint-Chinian » rappelle Jean-Michel Faidit.
En remontant le temps plus, figure aussi ce corps céleste de dix mètres de diamètres et de quelques dizaines de tonnes, tombé dix mille ans plus tôt « et qui a façonné le cratère de Caberolles (220 m de circonférence pour une trentaine de mètres de profondeur, NDLR) ».
Dans l’ancienne Occitanie (Du bassin aquitain à la frontière azuréenne en passant par le Puy-de-Dôme, NDLR), près d’une quarantaine de météorites de tailles diverses ont été retrouvées au fil des siècles. Des chutes « dues au hasard. En revanche, il y a plus d’observation de ces phénomènes au sud car le ciel y est plus dégagé qu’au nord ». Reste que depuis celle de 59, l’Hérault n’a plus enregistré de chute céleste.
Quant au risque de subir l’impact d’un géocroiseur, « il est très faible », rassure Jean-Michel Faidit.
Accidents oculaires : le département de l’Hérault au tableau d‘honneur
Une opération de dernière minute mais menée tambour battant et, au final, salvatrice. Preuve ? « L’institut de veille sanitaire avait noté que l’Hérault était le département où l’on avait constaté le moins d’accidents oculaires. Ce qui n’était pas le cas dans les départements limitrophes ! ».
De bons résultats à mettre donc au crédit du représentant de l’État d’alors (Daniel Constantin, NDLR) et des fonctionnaires. « Il faut souligner l’initiative du préfet et de son directeur de cabinet. Car ici, dans l’Hérault, les choses avaient été bien faites », appuie Jean-Michel Faidit.
Lequel craint que lors de ce rendez-vous astral, « l’on assiste au même phénomène ». Mais celui-ci de tempérer son propos dans la foulée : « Cela ne sera pas trop grave car l’éclipse se déroulera au moment du coucher de soleil et il y aura alors peut-être un peu de brume. Mais si le ciel est dégagé, il restera tout de même quatre pour cent du disque solaire. Et cela reste très lumineux quand même (elle atteindra son maximum à 96,7 % d’obscuration à 18 h 58, NDLR) ! ». Bref, gaffe aux mirettes. À commencer par celles des plus jeunes.