Entre 2023
et 2026, un gang de quatorze hommes a ciblé Porsche, Jaguar Type E
ou Renault 5 Turbo dans les parkings d’Île-de-France. Derrière ces
vols de voitures de collection, les failles inquiétantes des
parkings et conciergeries « sécurisés » interrogent les
propriétaires.

Dans les parkings d’Île-de-France, certaines places valaient de
l’or. Des emplacements occupés par des sportives mythiques comme
une
Porsche
de collection ou une Renault 5
Turbo
. Et même par une Jaguar Type E,
évaluée à près de 200 000 €. Un groupe de voleurs a ciblé ces
trésors mécaniques pour mieux les faire disparaître. Dix-sept
voitures de collection ont été dérobées à Paris, dans le
Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et le Val-d’Oise. Le préjudice est
évalué à 3,5 millions d’euros.

Quatorze hommes, âgés de 25 à 63 ans, ont été mis en examen à
Paris. Les mises en examen se sont étalées entre mars et juin 2026
pour ces vols en série. La justice leur reproche d’avoir constitué
une équipe de voleurs et de receleurs spécialisée dans les voitures
de collection. Le chef présumé des voleurs et le principal receleur
ont été placés en détention. Les autres suspects ont été laissés
libres sous contrôle judiciaire. Ce gang écumait les parkings à la
recherche de modèles de collection, un
vol de voitures
de collection
qui illustre crûment la
fragilité des parkings supposés sécurisés face à des réseaux
organisés.

Un gang spécialisé dans le vol de voitures de collection en
Île-de-France

Dans cette affaire, le butin ne comprend pas de citadines
anonymes. Les véhicules dérobés sont des modèles emblématiques du
paysage automobile européen.

  • Porsche de collection
  • Jaguar Type E estimée à environ 200 000 €

  • Renault 5 Turbo
  • Mercedes de collection

Jaguar de collection © Pexels

Chaque véhicule représentait une valeur élevée, avec des
montants pouvant atteindre près de 200 000 €. Avec de telles cotes,
quelques vols suffisent à faire grimper le préjudice à plusieurs
millions d’euros.

Parkings, conciergeries et marché des voitures de collection
sous pression

Ce dossier n’est pas isolé. En mai 2026, un cambriolage
spectaculaire a visé un parking privé de voitures de luxe à Paris,
dans le XVe arrondissement. Vingt-sept véhicules de prestige y ont
été volés. Le listing fait apparaître des Porsche, des Maserati,
des
Ferrari 458 Italia
et des Bentley. Des Aston Martin et des
Lamborghini figurent aussi parmi les modèles concernés. Vingt et
une voitures ont ensuite été retrouvées, mais le préjudice a été
estimé à environ 3,7 millions d’euros. Quatre suspects ont été mis
en examen dans cette affaire. L’enquête, conduite par la
Brigade de répression du banditisme, a conduit à
une douzaine d’interpellations au total. Le lieu se présentait
comme une conciergerie ultra sécurisée, avec accès biométrique,
vidéosurveillance en continu, rondes et poste de sécurité. Ce type
de conciergerie automobile, à l’image de Sumer Vault, se présente
comme un parking privé ultra sécurisé. Certains de ces modèles très
visibles sont, en réalité, difficiles à revendre sur le
marché clandestin
.

Ces coups spectaculaires interviennent dans un contexte où les
voitures anciennes attirent de plus en plus les convoitises. La
Fédération française des véhicules d’époque évoque
environ 400 000 voitures de collection immatriculées en France. Le
salon Rétromobile rappelle qu’au total, près de
800 000 véhicules anciens font vivre une filière dédiée. Cette
filière est estimée à 3,5 milliards d’euros et 23 500 emplois.
France Assureurs recense de son côté environ 44
000 voitures particulières assurées volées en 2025. L’organisation
évoque une hausse d’environ 6 % par rapport à l’année précédente.
L’Île-de-France figure parmi les régions les plus
exposées à ce risque. Entre 2023 et 2024, une autre affaire avait
déjà mis en lumière ce marché parallèle. Douze voitures de
collection avaient alors été volées pour plus de 1,2 million
d’euros de préjudice. Pour les passionnés qui garent leur ancienne
dans un parking ou la confient à une conciergerie, ces dossiers
judiciaires ont un écho particulier. Ils rappellent que la prudence
reste plus que jamais de mise.