C’était un des projets phare de la majorité de la municipalité de Grenoble : installer des toits de ciel dans les rues du centre-ville. C’est désormais chose faite rue de Bonne depuis vendredi 17 juillet.

Un projet qui a coûté au total 45 000 euros à la mairie, entre la conception et la pose de ce long filet en nylon, paré de petits tissus colorés faits en toiles nautiques recyclées. Ce dispositif de 60 mètres de long et cinq de large a été conçu sur mesure pour la rue de Bonne, avec deux objectifs précis.

Le toit de ciel est en train d'être installé à Grenoble rue de Bonne. ©Agathe Legrand – Le toit de ciel est en train d’être installé à Grenoble rue de Bonne.

 

Se protéger de la chaleur

Le premier, c’est le besoin d’ombre et de fraîcheur : « On aura des étés de plus en plus chauds, du fait du changement climatique », prévient Lény Moulin, adjoint en charge de l’événementiel. « Mais dans les rues du centre-ville de Grenoble, nous avons des contraintes partimoniales : on ne peut pas forcément planter d’arbres, par exemple. » 

La solution a donc été d’installer ce voile, qui représente des oiseaux, des guêpiers d’Europe, qu’on retrouve dans nos montagnes.

Le motif représenté sur le toit de ciel installé rue de Bonne à Grenoble est celui de guêpier d'Europe. ©Manon Locatelli, Ville de Grenoble – Le motif représenté sur le toit de ciel installé rue de Bonne à Grenoble est celui de guêpier d’Europe.

 

« A Narbonne, ce dispositif leur a permis de gagner 3 à 4 degrés. On a installé des capteurs, on va aussi recueillir l’avis des Grenoblois et des commerçants pour savoir si, en effet, cela apporte de la fraîcheur », explique l’élu.

« Si c’est concluant, on pourra déployer ce système tous les étés et aussi progressivement, l’installer dans d’autres rues. »

Pour l’instant, le toit de ciel restera rue de Bonne jusqu’à fin septembre, avant d’être installé à nouveau fin juin, l’an prochain. Le toit de ciel a une durée de vie de quatre à cinq ans. La municipalité espère aussi que ses agents pourront se former à la pose du voile plutôt que de faire appel à une entreprise. Cela permettra de faire des économies.

Attractivité du centre-ville

La deuxième fonction de ce toit de ciel, c’est la vitalité commerciale. « Il permet d’avoir un espace plus beau et plus agréable », commente Marion Carroz, en charge du commerce à la ville de Grenoble. L’élue promet que, sur ce volet, la ville travaille également en coopération avec le SMMAG pour rendre le centre-ville plus accessible.

Le petit train de Grenoble passe sous le toit de ciel rue de Bonne. ©Agathe Legrand – Le petit train de Grenoble passe sous le toit de ciel rue de Bonne.

 

En tout cas, les commerçants semblent apprécier positivement cette installation. « Je suis très content du travail. C’est une solution qui nous a été proposée et qu’on a acceptée. Je trouve cela très joli », commente Julien Amblard, le vice-président de Label Ville, l’association des commerçants du centre-ville.

Pour l’opposition, en revanche, cette mesure reste « gadget ». Clément Chappet souligne que la rue de Bonne n’est pas forcément la rue la plus ensoleillée. Réponse de Lény Moulin, élu dans la majorité : « On a identifié plusieurs rues qui pourraient accueillir ce projet. Selon les relevés de température, la rue de Bonne était la plus chaude, mais aussi la plus fréquentée. De plus, elle est assez large (huit mètres), ce qui permet de poser le voile, car on doit laisser un mètre cinquante entre le toit de ciel et la façade pour la sécurité et faciliter l’intervention des pompiers, en cas de problème. Mais, par exemple, dans la rue Lafayette, un peu plus loin et qui est très étroite, on ne pourra pas poser de toit de ciel. Il faudra trouver autre chose. »

Le fil nylon peut être coupé par les pompiers en cas de nécessité. ©Agathe Legrand – Le fil nylon peut être coupé par les pompiers en cas de nécessité.