REPORTAGE – Dans un courrier adressé au premier ministre Sébastien Lecornu, que Le Figaro a pu consulter, le maire de Marseille, Benoît Payan, réclame un plan d’urgence interministériel. Reportage dans les rues de la cité phocéenne.
D’un pas pressé, Zélie* fonce vers le groupe de jeunes hommes qui se sont assis par terre sous le pont de la gare Saint-Charles de Marseille. Certains remplissent des pipes à crack avant de les allumer. La jeune femme peine à articuler. Son regard perçant sous sa chevelure blonde laisse entrevoir un œil bleu qui semble crevé. Un T-shirt déchiré, trop grand pour elle, couvre à peine son corps frêle. Zélie, l’air hagard, s’agenouille près du groupe. Elle balbutie quelques mots avant de récupérer auprès d’un des jeunes un pochon, qu’elle dissimule ensuite dans son soutien-gorge.
Joachim Lévy l’aperçoit pour la première fois alors qu’il vient à peine de commencer sa maraude. L’objectif du jour est clair pour le président de l’association Nouvelle Aube : aller à la rencontre des consommateurs de crack afin de les aider. Au cours d’un bref échange, il comprend que Zélie fait partie de ces nombreux sans-abri qui, à Marseille, sont tombés dans les griffes de ce produit dérivé de la cocaïne, très addictif et destructeur.
« Tu sais que j’ai failli mourir ? »
Sur le chemin de la gare, une autre femme interpelle Joachim Lévy. « Oh, Jo ! Ça va ? Tu sais que j’ai failli mourir ?» Joachim Lévy…
Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 84% à découvrir.
Vous avez envie de lire la suite ?
Débloquez tous les articles immédiatement.
Déjà abonné ?
Connectez-vous