Interdiction / Un rassemblement en faveur du « save Europe act » devait se tenir dimanche 16 août place Saint-Jean, à Lyon. La préfecture du Rhône l’interdit, invoquant à la fois le caractère discriminatoire de l’initiative et d’un risque de trouble à l’ordre public. Un contre-rassemblement antifasciste et antiraciste avait déjà été déclaré.

Photo : Hôtel de préfecture du Rhône, à Lyon, en 2024 © Wikicommons

Le rassemblement prévu dimanche 16 août à 18h, place Saint-Jean à Lyon, pour déployer une banderole de 20 mètres en faveur du « save Europe act « , est interdit dans l’ensemble de la métropole a fait savoir la Préfecture du Rhône dans un communiqué. 

Une initiative sur l’immigration jugée discriminatoire

Dans son arrêté, la préfecture revient d’abord sur le contenu du « save Europe act ». Cette initiative citoyenne européenne, portée par des mouvements souverainistes, identitaires et de droite nationale, demande notamment un moratoire sur les nouveaux canaux d’immigration non occidentale et défend une politique de « remigration ». La préfecture considère que cette notion va jusqu’à viser, au-delà des étrangers en situation irrégulière, des étrangers quel que soit leur statut puis des citoyens européens descendants d’immigrés considérés comme indésirables qualifiant donc cette idéologie de « xénophobe et raciste ».

Un contre-rassemblement avait déjà été déclaré

La décision intervient aussi alors qu’une mobilisation s’organisait déjà en réaction à ce rassemblement. Une déclaration de manifestation a été déposée le 12 août pour un contre-rassemblement devant la Cour d’appel de Lyon, au 1 rue du Palais de Justice. Il est présenté comme un rassemblement « antifasciste et antiraciste ». Parmi les collectifs et organisations cités par la préfecture figurent notamment Young struggle Lyon, Nous toutes Rhône, Soulèvement de la Terre Lyon, Union étudiante Lyon, Lyon Antifa, Extinction rebellion Lyon, Attac Rhône ou encore l’UNEF Lyon.

Cette mobilisation n’est pas la seule opposition au rassemblement. Dès le 10 août, l’Union départementale 69 de la CGT avait adressé une lettre ouverte pour demander son interdiction, estimant qu’il promouvait des idées « racistes » et « en contradiction avec les valeurs et principes républicains » et qu’il risquait de provoquer des violences.