Un campement dans l’enceinte d’un centre d’hébergement d’urgence de Paris, qui a rassemblé jusqu’à 450 sans-abris parmi lesquels de nombreuses familles, a été évacué jeudi matin sur arrêté préfectoral, a constaté une journaliste de l’AFP.

Les occupants, principalement des personnes étrangères en situation régulière ou irrégulière, étaient installés depuis près d’un mois dans les locaux et sur le parvis du Samu social du 13e arrondissement de Paris.

A l’arrivée des CRS un peu avant 07H00, Sekou avec sa femme et ses trois enfants en bas-âge ne semblait pas savoir où aller. 

« Je suis en France depuis trois ans, j’étais logé dans un centre pour demandeurs d’asile dans un village près de Metz, mais une fois obtenu le statut de réfugié on m’a mis dehors. Je ne trouve pas de travail là-bas donc je suis venu à Paris. Je ne sais pas où on va dormir ce soir », explique cet Ivoirien, quelques cabas aux bras et poussette en main.

Julia, Roumaine de 28 ans, dit qu’elle acceptera pour sa part de monter dans un des cars affrétés par la préfecture d’Ile-de-France pour rejoindre un logement temporaire en province. « Avec la canicule, c’était dur », relate la jeune femme, seule avec un bébé de six mois.

Des associations humanitaires et des employés du Samu social vêtus de chasubles de la CGT, en grève depuis le 23 juin pour protester notamment contre un engorgement des places d’hébergement d’urgence, étaient présents à l’évacuation des locaux. 

Face à un dépassement de son plafond annuel de dépenses consacrées à l’hébergement, le Samu social avait expliqué être contraint de refuser l’accueil d’urgence à des « personnes très prioritaires », comme des femmes enceintes ou des malades souffrant de pathologies lourdes appelant le 115.

« On continuera à soutenir ces familles, la grève continue. Cette situation est la conséquence des coupes budgétaires dans le social », affirme Elena Sauterey, éducatrice au Samu social.

Dans un communiqué, les préfectures de police et de la région Ile-de-France ont expliqué leur décision de procéder à une évacuation du campement jeudi en raison notamment de sa proximité avec la route où le trafic est « particulièrement dense » et avec des sites de livraison et des chantiers qui « constituent un risque constant d’accident ».

Les autorités pointent également des « conditions d’hygiène et de sécurité » devenues « particulièrement préoccupantes » avec un « accès totalement insuffisant à l’eau et aux toilettes ». « Cette situation expose les occupants à un risque immédiat pour leur santé », indiquent-elles.

Dans un communiqué, la Ville de Paris qui indique s’être opposée à cette évacuation « en pleine alerte canicule », « regrette que les solutions de prise en charge proposées par l’Etat ne répondent pas aux besoins identifiés pour les personnes sur place » et demande un « plan d’urgence » pour résoudre durablement la crise de l’hébergement.