Sabrina, une habitante de Saint-Médard-en-Jalles (Gironde), a donné l’alerte après avoir découvert une fausse cagnotte en ligne censée aider les familles de deux pompiers décédés. « Déjà, ce ne sont pas les mêmes prénoms. Lucas et Nathan, ce ne sont pas les prénoms des personnes qui sont parties, a-t-elle expliqué, citée par TF1 Info ce jeudi. Et je suis tombée sur une photo avec une dame à côté. »
Or cette femme n’existe pas. L’image a été générée par intelligence artificielle à partir d’une vraie photo. Une manipulation pour faire croire que la cagnotte avait été lancée par la mère d’un des pompiers. « J’étais complètement outrée. C’est odieux de profiter d’un tel drame pour se faire de l’argent », s’est indigné Sabrina. Son signalement a permis de bloquer la cagnotte.
« On est tous en colère »
À la mairie de Saint-Médard-en-Jalles, où se trouve la caserne d’affectation des deux victimes, l’irritation se fait également sortir. « On est tous en colère, c’est lamentable. Mais malheureusement, on en a une certaine habitude maintenant, a témoigné, confie le maire Stéphane Delpeyrat-Vincent. Tous les jours, on reçoit des questions : « J’ai reçu tel lien, est-ce que c’est bon ? » »
L’Union départementale des sapeurs-pompiers de la Gironde (UDSP 33) a signalé une augmentation des fraudes depuis les incendies dévastateurs de juillet dernier. Elle a reçu de nombreuses alertes concernant des e-mails trompeurs envoyés aux entreprises avec de faux prospectus générés par IA. L’identité du président de l’UDSP 33 y est usurpée. Des cas de faux pompiers allant voir des sociétés pour réclamer du matériel ou de quêtes frauduleuses organisées sur les marchés ont aussi été rapportés.
Une plainte déposée
Pour être certain qu’une cagnotte a pour origine le corps des sapeurs-pompiers ou les familles des victimes, le mieux est de se rendre directement en caserne et d’y rencontrer l’Amicale des sapeurs-pompiers. Il est recommandé de faire confiance aux organismes reconnus comme la Fondation de France ou la Croix-Rouge. Une plainte a été déposée pour tentative d’escroquerie. Les auteurs risquent jusqu’à cinq ans de prison et 375.000 euros d’amende.