Par

Jean-Marc Aubert

Publié le

14 août 2026 à 19h00

Le calme aura été de courte durée au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone, au sud de Montpellier, après les vives tensions de ces dernières semaines : ce jeudi 13 août 2026, lors de la distribution du repas, le détenu R., après avoir exécuté une sanction disciplinaire pour une précédente agression sur le personnel et qui a réintégré une cellule, est une nouvelle fois passé à l’acte. En effet, alors que l’agent venait lui distribuer son repas, il lui a porté un coup de poing au visage.

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Condamné pour violences 

Grâce à un réflexe salutaire, le gardien a pu esquiver l’impact direct et a reçu le coup sur le bras, parvenant à refermer la cellule in extremis et à éviter des blessures bien plus graves. Mais il a été choqué. Le détenu a ensuite continué d’insulter et de menacer. Âgé de 31 ans, il purge une condamnation infligée par le tribunal correctionnel pour rébellion, violences aggravées sur un agent de l’administration pénitentiaire en récidive, violences avec usage ou menace d’une arme ».

Colère des syndicats

Les syndicats locaux FO Justice et UFAP Unsa Justice confirment cette information à Métropolitain ce vendredi 14 août et réagissent selon une habitude récurrente. Ils ne décolèrent pas. FO analyse que, « créée le 1er janvier 2011, la brigade C où ont eu lieu ces violences a passé le cap de ses quinze ans. Mais sur le terrain, le constat est sans appel, en quinze ans, nous avons assisté à une dégradation spectaculaire du profil des personnes détenues. Si à l’ouverture le quartier accueillait une population relativement gérable, ce secteur est devenu au fil des années une poudrière et un chaudron ardent. Une dérive en cascade qui laisse place à des profils incontrôlables, imprévisibles et d’une violence inouïe. Chaque ouverture de cellule s’apparente désormais à ouvrir une cocotte-minute sous pression, sans savoir si elle va nous exploser à la figure ».

Vidéos : en ce moment sur Actu« Jouer à la roulette russe »

Constat de FO : « L’histoire se répète, après avoir insulté, menacé ou agressé le personnel, ces mêmes détenus sont réaffectés dans ce secteur et remis directement de facto face aux mêmes surveillants de brigade. Laisser cette situation durer, c’est jouer à la roulette russe avec la sécurité des personnels. On exige le placement du détenu auteur de l’agression au quartier disciplinaire avec la sanction la plus lourde ainsi que son transfert ».

L’UFAP Unsa Justice  dénonce également « une nouvelle agression sur un personnel pris pour cible par un détenu aux troubles psychiatriques connus. Pour rappel, ce détenu a été transféré en urgence de la prison de Béziers à Villeneuve dans le cadre d’une Mesure d’Ordre et de Sécurité (MOS) à la suite d’une agression sur personnel et avait déjà fait parler de lui dès son arrivée ici avec crachat, insultes, menaces et provocations. Ce récidiviste oscille entre placement au quartier disciplinaire et retour en détention classique. Il vient de récidiver ».

« Dangerosité de ce profil »

Et de s’interroger : « Combien faudra-t-il encore d’agressions avant que l’administration prenne une décision à la hauteur de la dangerosité de ce profil ? Le personnel pénitentiaire n’a pas vocation à servir de cible, faut-il attendre qu’un agent soit gravement blessé pour que l’administration réagisse ? Villeneuve ne doit pas devenir la solution de facilité pour des profils incompatibles avec une détention classique ».

Transfert urgent réclamé

UFAP Unsa exige « le transfert de ce détenu pour mesure d’ordre et de sécurité vers un lieu lointain. L’orientation des détenus violents et aux pathologies psychiatriques lourdes vers des structures spécialement adaptées. Le respect des engagements pris par la nouvelle Directrice interrégionale en matière de protection des personnels avec une réponse ferme et immédiate face aux agressions commises contre les agents ».

Pour L’UFAP Unsa justice du CP de VLM « un détenu qui agresse à répétition ne peut pas continuer à revenir dans les mêmes secteurs et dans le même établissement comme si de rien n’était. Combien d’agents devront encore subir la violence avant qu’une décision soit prise ? ». Des situations agitées alors que la prison est en surpopulation.

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