Pour de nombreuses personnes, et surtout les jeunes, devenir propriétaire est l’un des buts principaux. Toutefois, cette tâche s’avère de plus en plus complexe. Les taux d’intérêt, l’inflation persistante et le coût de la vie explosent dans de nombreuses régions en Europe. A cela s’ajoutent la flambée des prix de l’immobilier et la stagnation des salaires réels. Conséquence : plus de 10% des jeunes Européens âgés de 20 à 29 ans consacrent plus de 40% de leur revenu disponible uniquement aux dépenses de logement, selon une étude du European Youth Portal, relayée par Euronews. Un taux bien supérieur au seuil de 30% généralement retenu pour juger de l’accessibilité.

En résumé, acheter un logement n’est pas simple et ce serait encore plus difficile pour les femmes, notamment les jeunes femmes célibataires. Selon une étude du Women’s Budget Group, elles doivent économiser plus de douze années de salaire pour pouvoir s’acheter une maison en Angleterre, contre un peu plus de huit années de salaire pour les hommes. Plusieurs raisons expliquent cet écart de genre en matière de logement.

Une différence de revenus supérieure à 11% dans l’Union européenne

La première réside dans la différence de rémunération entre les femmes et les hommes : il s’élève à 11,1% dans l’Union européenne. Un rapport du Trades Union Congress publié en février évoque un écart de 12,8% au Royaume-Uni. Les femmes sont également confrontées à des responsabilités qui dépassent le cadre du travail comme l’éducation des enfants ou les tâches domestiques. Résultat, leur carrière est freinée et leurs revenus peuvent donc être plus faibles sur l’ensemble de leur vie. La Banque centrale européenne indique, de son côté, que les femmes sont moins disposées à demander une augmentation de salaire.

Constituer un apport est ainsi plus difficile pour les femmes qui réduisent d’ailleurs ce dernier à cause de pressions financières. Et pour le conserver dans le but d’acheter un logement entraîne le retardement des étapes de vie comme le mariage ou la fondation d’une famille. Selon une récente enquête de la banque spécialisée Aldermore, 33% des femmes considèrent que la constitution de l’apport est le principal obstacle à l’accession à la propriété, contre 20% des hommes.

Un manque de confiance des banques envers les femmes

La solitude et la confiance sont aussi deux obstacles pour les femmes. Ces dernières vivent davantage seules que les hommes et donc ne bénéficient pas d’un double revenu. Divorcer entraîne aussi une chute de revenus plus marquée que pour les hommes. Par ailleurs, elles obtiennent en moyenne des montants de prêts hypothécaires maximum plus faibles que les hommes, en raison de salaires horaires et annuels plus bas.

Même avec une situation stable ou un salaire élevé, les femmes à temps partiel ou en freelance sont perçues par les prêteurs comme plus risquées, ce qui réduit encore leurs chances d’obtenir un prêt. Leur niveau de littératie financière refroidit également les banques. Selon la Banque centrale européenne, seules 15% d’entre elles disposent d’un niveau élevé de culture financière, contre 27% des hommes. Enfin, le manque de logements abordables adaptés aux familles monoparentales, très majoritairement dirigées par des femmes, fait qu’elles repoussent l’achat d’un logement.


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