À seulement cinq jours du lancement de la Saint-Louis, le président du conseil départemental et du Sdis de l’Hérault, Kléber Mesquida, a indiqué à la Ville de Sète, jeudi 13 août, que les pompiers départementaux n’assureraient pas le dispositif prévisionnel de secours. Le résultat d’un litige administratif entre les deux collectivités sur la contribution de Sète au financement du Sdis. Le maire de Sète, Hervé Marquès, dénonce une décision « irresponsable ».

Le courrier est arrivé à quelques jours seulement du début de la Saint-Louis. Daté du 13 août, il est signé de Kléber Mesquida, président du Département, qui préside également le conseil d’administration du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de l’Hérault. Son contenu est adressé à la Ville de Sète et son maire, Hervé Marquès. Il explique que si la collectivité sétoise ne renonce pas à son recours, toujours en cours, devant le tribunal administratif, « le Sdis de l’Hérault n’assurera pas le dispositif prévisionnel de secours pour les festivités de la Saint-Louis ».

Un conflit qui remonte à la fin d’année 2024

Depuis fin 2024, en effet, la Ville de Sète a entamé une procédure administrative pour connaître les modalités de calcul de sa contribution au financement du Sdis. La Ville a saisi le tribunal administratif de Montpellier. Le Département indique, lui, avoir sollicité la Ville, dès novembre 2025, afin de connaître sa position sur un éventuel désistement.

Kléber Mesquida fait également état d’une proposition de médiation formulée par le tribunal administratif le 30 juillet dernier. Mais il conditionne clairement la présence du Sdis à la Saint-Louis à l’évolution de la procédure. « Médiation à laquelle il semblerait que la ville de Sète ne soit pas opposée. » Néanmoins, dans l’attente, « aucun moyen ne serait déployé en faveur d’une collectivité susceptible d’un tel recours juridique », écrit Kléber Mesquida, avant d’inviter la Ville, si elle maintient sa position, à « se rapprocher d’un autre prestataire dans les meilleurs délais ».

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La réaction d’Hervé Marquès ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué de presse, ce vendredi, le maire de Sète juge cette position « irresponsable et profondément choquante ». Il estime que la sécurité des Sétois et des visiteurs « ne peut pas devenir une monnaie d’échange dans un différend administratif ». Surtout, il refuse que le contentieux entre les deux collectivités puisse avoir des conséquences sur le déroulement de la fête.

« La Ville ne cédera à aucune pression ni menace »

« La Ville ne cédera à aucune pression ni menace », affirme le maire, qui assure avoir immédiatement mobilisé les services municipaux pour mettre sur pied un dispositif de secours alternatif. Selon la Ville, celui-ci doit permettre d’assurer les mêmes missions de prévention et de prise en charge du public. Des organismes comme La Croix-Rouge et la Sécurité civile ont ainsi été sollicités, pour pallier le manque « de dix à seize agents au quotidien, en fonction de l’heure de la journée », indique la Ville de Sète.

Hervé Marquès insiste sur le contexte financier du litige. Selon la municipalité, Sète est aujourd’hui le premier contributeur du département au Sdis rapporté au nombre d’habitants, avec une contribution de 4,9 M€ en 2026. La Ville affirme ne pas contester le principe de cette contribution mais avoir demandé, depuis deux ans, à connaître précisément ses modalités de calcul. Une demande qui, assure-t-elle, serait restée « sans réponse malgré plusieurs relances ».

La Ville de Sète à la recherche de solutions

C’est cette absence d’explications que la commune dit avoir voulu contester devant la justice. « La Ville de Sète ne renoncera pas à son droit de demander des explications à une institution publique », réaffirme Hervé Marquès. La municipalité souligne par ailleurs qu’elle continue de régler cette contribution malgré le recours. « On peut contester une décision devant un tribunal. On ne devrait jamais conditionner la sécurité d’une population au retrait de ce recours », estime Hervé Marquès.

Si le président du Département dit espérer « une issue favorable à l’ensemble des parties » et demande au maire de procéder à « une nouvelle analyse de la situation en cours », le bras de fer entre les deux collectivités semble avoir atteint son paroxysme. En attendant, la Ville affirme que la Saint-Louis aura bien lieu et que toutes les dispositions nécessaires seront prises pour assurer la sécurité du public. « À Sète, la sécurité ne se négocie pas. Elle ne se conditionne pas. Elle se garantit. La Ville sera au rendez-vous de la Saint-Louis. Et elle ne renoncera ni à ses droits, ni à ses devoirs. »